lundi 10 octobre 2016

Une seule stratégie de campagne s'impose : mentir et tricher.  




Une seule stratégie de campagne s'impose : mentir et tricher.        Pour Najat Vallaud-Belkacem, "le vrai modèle de Nicolas Sarkozy n'est pas Angela Merkel, mais un mélange de Silvio Berlusconi, de trump  et de Vladimir Poutine, avec le vide idéologique et la brutalité des méthodes ".

Dans la bouche de Donald et Nicolas, les journalistes forcément "de gauche" sont des représentants de cette élite qui a perdu le contact avec la réalité et se moquent des intérêts du peuple… On peut bien leur mentir. Ils ne sont pas légitimes ce ne sont que des nains malfaisants. Trump les insulte. Sarkozy dézingue en direct ceux qui lui cherchent des poux au sujet de sa mise en examen dans l’affaire Bygmalion, ses revirements politiques ou sa responsabilité de chef d’état dans le naufrage de la Libye

Pas un jour sans que l’une de ses saillies passées ou présentes ne défraie la chronique. Nicolas Sarkozy peut cracher sur ses anciens collaborateurs et ses adversaires à longueur de off :

le Président Hollande
De près, immonde. Ses cheveux sont mal teints, il a l’air d’un ministre chinois. La graisse dégouline sous sa chemise, et, en dessous, il a des petites jambes d’enfant…"
 Fillon, 'notaire de province', au regard torve,
Juppé ? Un vieillard dont il n’a pas peur,
Gérard Larcher "trop laid"
pour intégrer le gouvernement,
Borloo, tellement nerveux qu’il se 'bouffe les crottes de nez'

"Mme Najat Vallaud Belkacem aurait mieux fait de se taire, elle nous fait honte"*

"Est-ce que c'est possible d'avoir des manuels scolaires où l'on n'enseigne pas la théorie du genre sans être dépeint comme un passéiste ?",

a demandé Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting dans le cadre des primaires de la droite et du centre en vue de la présidentielle de 2017. 


* La théorie du genre a fait son grand retour après que le Pape, alerté par un parent français, s’est alarmé de l’enseignement, supposé, de la ‘’théorie du genre’’ dans les manuels scolaires.

Dans la foulée, Najat Vallaud-Belkacem a dit regretter ‘’une parole légère et infondée’’ du souverain pontife ‘’victime de la campagne de désinformation massive des intégristes’’.

Pour Najat Vallaud-Belkacem, en réponse au candidat Sarkozy, Honte ? c’est le monde à l’envers

 ‘’Ce qui fait honte à la France M Sarkozy, c’est l’image que vous avez donné de la France

pendant un quinquennat jalonné par d’innombrables affaires de corruption et de népotisme,

par la complaisance et la soumission envers des dictateurs criminels

comme Kadhafi ou Bachar al-Assad’

‘’Ce qui fait honte à notre pays, ce sont vos insultes à l’égard de nos concitoyens,

ce sont vos discours de Dakar et de Grenoble,

éructés par des conseillers d’extrême-droite enrichis par les sondages illégaux 

 sans oublier les tricheries d’argent, de plus de 20 millions d’euros aux élections, 

comme si la démocratie pouvait s’acheter’’.


Des deux côtés de l’Atlantique, la rhétorique populiste est censée complaire à une "majorité silencieuse" blanche au comble de l’angoisse identitaire. Il s’agit de nommer les problèmes tout en se proposant comme la solution. L’auteur de "Tout pour la France" et le bâtisseur américain qui promet de "rendre sa grandeur à l’Amérique" sont de la race des sauveurs.

"A chaque fois que Nicolas Sarkozy prend la parole, il abaisse le niveau du débat dans ce pays",

Christiane Taubira

Reste que populisme à la Sarkozy n’est pas tout à fait abouti. L’ancien président de la République française se distingue encore de Trump - et de Marine Le Pen - sur un point crucial : il cale devant les arguments souverainistes en matière économique. Pas question pour lui de fustiger la mondialisation comme le candidat républicain ou l’Europe libérale comme la patronne du Front national

"Je veux une politique économique centrée sur les entreprises", dit-il en promettant 300.000 suppressions de postes de fonctionnaires et des baisses d’impôts pour les classes moyennes. La belle affaire ! Trump, lui, y va carrément. "Des voitures américaines rouleront sur nos routes. Des avions américains voleront dans les cieux, des bateaux américains écumeront les mers. De l’acier américain supportera de nouveaux gratte-ciels, des mains américaines reconstruiront le pays et de l’énergie américaine puisée à des sources américaines alimenteront la nation." ...Encore un effort M. Sarkozy 

jeudi 29 septembre 2016

Ainsi va la Gaule !


Les étrangers ne sont pas comme nous. Et leurs mœurs nous horrifient. Au Brésil, Dilma Rousseff, présidente soupçonnée d’avoir participé au système de corruption Petrobras, a été destituée.

 Une folie amazonienne !

Aux Etats-Unis, la candidate à la Maison-Blanche Hillary Clinton a dû comparaître pendant 12 heures devant une commission parlementaire pour avoir utilisé sa boîte mail personnelle à des fins professionnelles

Une lubie yankee ! 

En Suède, une ministre sociale-démocrate a démissionné après avoir été prise en flagrant délit de conduite en état d'ivresse.

Une dérive calviniste !

 En Roumanie, l'ex-Premier ministre Victor Ponta, poursuivi dans un dossier de financement de la campagne électorale qui l'avait mené au pouvoir en 2012, a été placé sous contrôle judiciaire en attendant son jugement.

Un folklore roumain !

En Gaule, rien de tel.

Nos dirigeants n’ont aucun souci à se faire. A défaut de leur couper la tête, nous leur pardonnons toujours, quels que soient leurs égarements. Bien qu’il ait fait exploser le plafond de dépenses de campagne en 2012, bien que les soupçons s’accumulent quant à un éventuel financement libyen de sa campagne de 2007, bien qu’il soit mis en examen dans l'affaire dite des "écoutes" pour avoir cherché à corrompre un magistrat de la Cour de cassation avec la complicité de son avocat, bien qu’il soit mis en examen dans l’affaire Bygmalion et que son renvoi devant le tribunal correctionnel soit requis par le parquet, l’ancien président reste en lice. Il crie au complot, excipe de sa probité et prétend encore devenir notre nouveau président.

Fort heureusement, pour lui, Nicolas Sarkozy n’est ni brésilien, ni américain, ni suédois, ni même roumain. Chez nous, un responsable de cette trempe, on le chérit, on l’applaudit, on l’élit.

Plus personne ne devrait gober le mensonge

Pas un jour sans que l’une de ses saillies passées ou présentes ne défraie la chronique. Nicolas Sarkozy peut cracher sur ses anciens collaborateurs et ses adversaires à longueur de off, fulminer contre les journalistes "guévaristes" qui s’autorisent à lui poser des questions et changer d’avis comme de chemise sur des sujets mineurs comme le droit du sol, le réchauffement climatique ou l’appartenance de la France à l’Union européenne, rien n’y fait. Il court toujours.
"La politique est l'art de se servir des hommes
en leur faisant croire qu'on les sert."
Voltaire
 
Comme d’habitude, il n’a pas répondu. Comme d’habitude, il a préféré fuir ses responsabilités. Comme d’habitude, il a laissé ses sbires tempêter contre la supposée partialité du service public et dénoncer ce qu’ils considèrent comme une enquête à charge.
Mis en cause de façon simple et terriblement efficace par tout un lot de témoins, d’acteurs ou de fournisseurs de sa dernière campagne présidentielle. Tous ont démontré, factures et documents à l’appui et devant les caméras, le sidérant dérapage de ses comptes officiels, l’ancien chef de l’Etat continue de nier l’évidence, comme un enfant qui s’enferre dans le mensonge. Au lieu de cela, Nicolas Sarkozy continue de faire le malin sur les estrades et dans les colonnes des journaux. Il parle, ferraille et fanfaronne.
Pas un jour sans que l’une de ses saillies passées ou présentes ne défraie la chronique. Nicolas Sarkozy peut cracher sur ses anciens collaborateurs et ses adversaires à longueur de off, après avoir été reçu par Hollande à l’Elysée dans l’après-midi :
 "Alors, comment l’avez-vous trouvé ?
– De près, immonde, a-t-il répondu. Ses cheveux sont mal teints, il a l’air d’un ministre chinois. La graisse dégouline sous sa chemise, et, en dessous, il a des petites jambes d’enfant…"




Les médias français ont encore beaucoup à apprendre de la presse anglo-saxonne. Il faudrait l’acculer, ne plus l’inviter, refuser de lui tendre le micro tant qu’il n’aura pas répondu sur le fond. Insister, poser et reposer inlassablement les mêmes questions.. Qu’il vienne plutôt expliquer aux Français comment ses comptes ont défoncé le plafond de dépenses légal. Bref, qu’il assume, tout simplement.
La vérité, c’est que l’ancien président de la République n’ambitionne plus de sauver la France, mais de se sauver lui-même. Son retour n’est qu’une fuite en avant pour éviter de rendre des comptes. Jusqu’à quand ?

                                   Un bras de fer entre Nicolas Sarkozy et France Télévisions

Pour l'ancien président de la République, le timing, dans lequel intervient la diffusion du reportage, est mauvais. Selon Le Canard enchaîné, son entourage l'aurait bien fait comprendre à Michel Field, directeur de l'information de France Télévisions. L'équipe d'Élise Lucet aurait ensuite reçu "un message d'en haut : plus question de diffuser le sujet Bygmalion avant la fin de la primaire de la droite". Alors que Michel Field n'avait pourtant rien trouvé à redire à l'enquête en amont. Objet du bras de fer à l'époque : la présence de Nicolas Sarkozy dans L'Émission politique le 15 septembre dernier.

Remontée, Élise Lucet n'entend pas en rester là, "hurle à la censure, accuse Field (déjà soupçonné d'avoir cédé aux demandes de 
François Hollande dans Dialogues citoyens, ndlr) d'avoir cédé aux pressions de Nicolas Sarkozy" et se mobilise pour que le reportage soit diffusé lors de la soirée de lancement de la nouvelle formule d'Envoyé Spécial ce 29 septembre. Du côté du camp de Nicolas Sarkozy, on dément toute pression, "tout en s'interrogeant sur l'opportunité des choix de France 2, en pleine campagne des primaires". D'après Le MondeDelphine Ernotte, présidente du groupe France Télévisions, a tranché en personne et décidé de maintenir la programmation du reportage.

La faute à qui ? Aux médias fascinés par son show ? Sans doute. Mais à ce degré d’intoxication, c’est le corps social tout entier qui manque de défense immunitaire. Plus aucun citoyen français honnêtement informé ne devrait gober le mensonge. Plus aucun politicien normalement courageux ne devrait cautionner l’imposture.*

Elu en 2007, battu en 2012, Nicolas Sarkozy n’aurait même pas dû figurer dans la course de 2017. Les dirigeants de l’UMP qui lui ont remis les rênes du parti en 2014, sont les grands fautifs : comment ont-ils pu éponger les mécomptes de sa précédente campagne et s’en remettre à lui, sauf par instinct de soumission clanique ?

"Les affaires finiront par le rattraper et l’empêcher de se présenter", entend-on.

Mais c’est l’inverse qui se produit. Sarkozy, le Berlusconi des Hauts-de-Seine, n’est candidat à la présidentielle que pour se tirer d’affaires. Son fracassant retour en politique ne sert qu’à occulter son destin judiciaire. En avocat qu’il n’a jamais cessé d’être, maître Sarko inverse la charge de la preuve : si les juges lui cherchent des noises, c’est qu’il s’agit de le faire taire et même, en sa personne, de museler le peuple qu’il exprime si bien…

Foin de sondages ! Ce Tartuffe est déjà gagnant à tous les coups. Si Juppé remporte la primaire puis la présidentielle, il devra lui accorder une protection en contrepartie de son soutien. Bingo... Et rebingo ! 

Si Sarkozy réussit son hold-up sur la primaire, il sera lavé de tous les soupçons par l’onction démocratique. Un miracle. Mais si ce revenant magnifié parvenait à se faire réélire président à la faveur d’un malentendu, il redeviendrait intouchable comme le prévoit notre grandiose Constitution et pourrait se venger de tous ceux qui lui ont manqué.

 Ainsi va la Gaule !

Sylvain Courage









*Patrick Buisson n’est pas un exilé de la Sarkozie mais un inspirateur dont les idées n’ont jamais été aussi présentes dans le discours de l’homme qui rêve d’un second mandat. Le « roman national », c’est du Buisson ; les « racines chrétiennes », c’est Buisson ; « les Gaulois », c’est inspiré par Buisson ; l’idée que la droite va du Front national aux électeurs de François Bayrou, c’est Buisson ; « l’identité nationale », c’est Buisson ; « La France des oubliés », c’est Buisson ; « la périphérie plutôt que les banlieues », c’est Buisson ; « le peuple contre les élites », c’est Buisson…

La « bataille des idées » qui précède les conquêtes électorales, c’est encore du Patrick Buisson venu chercher ses sources dans les théories du philosophe communiste Antonio Gramsci…

Or ces idées, et même cette technique électorale qui consiste à « transgresser la pensée unique », atteignent en cet automne 2016 un niveau inouï, au sens étymologique du terme, dans la campagne de Nicolas Sarkozy. Le triomphe de Buisson est absolu au moment même où ses nouveaux ennemis tentent de l’excommunier, et sa descente aux enfers touche à la consécration.

 La contradiction entre la dénonciation du traître et la fidélité à l’inspirateur est si profonde que le Figaro la concède sans complaisance : « La rupture personnelle est peut-être définitive. Le débat politique, lui, est loin d'être clos, comme le prouvent les accents “buissoniens” de cette nouvelle


Christian Jacob, chef de file des députés Les Républicains, illustre ce propos, en le portant à incandescence. Il lâche une formule terrible dont le double sens, inconscient comme un lapsus, pourrait le faire frémir lui-même : « Ce qui vient du caniveau a vocation à finir dans une bouche d’égout. » Il se trouve que le « caniveau » c’était l’Élysée, de 2007 à 2012, et que la bouche d’égout, effectivement, a la gueule grande ouverte.le campagne sarkozyste. ». La députée de l’Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet estime que le pays « a besoin de visionnaires, pas de réactionnaires ». Jean-François Copé accuse par ailleurs Nicolas Sarkozy de vouloir échapper à la justice en se présentant à l'élection présidentielle. "Sa mise en examen n'est pas que technique, elle porte sur une vingtaine de millions d'euros, qui en réalité sont un détournement ! C'est une fuite éperdue en avant. [...] Il voudrait que vous l'élisiez pour ne pas aller au tribunal !"

Au fond, le portrait de Nicolas Sarkozy dressé par l’ancien conseiller Buisson dans La Cause du peuple (édité chez Perrin) n’apporte aucune révélation. Rien qu’on ne sache déjà sur ce faux dur, obsédé par son image, dévoré par l’immédiat, oublieux de ses engagements, envahi par la sphère privée, fanfaron, méprisant avec les hommes et les femmes qu’il promeut…

On sait tout sur ce Bismuth immature et mégalomane, ses foucades, son sens de la formule à l'emporte-Kärcher, ses financements, ses entourages mis en examen ou déjà condamnés. Et pourtant les éclaboussures de ce livre seront sans commune mesure avec tout ce qui atteignait jusqu’à présent l’image de l’ancien président. Pourquoi ? Précisément parce que c'est une sorte de document interne et qu'il confirme et « certifie conforme », d’une plume brillante et féroce, ce qui se disait déjà à l'extérieur du bastion assiégé, dans les textes ou les discours des adversaires de toujours de l’ancien président, ou d’une flopée d’anciens alliés ayant rompu les amarres.

jeudi 22 septembre 2016

Les Gaulois Ses ancètres ...

L’inénarrable barde

3273801695

Pour la prochaine cueillette du gui, notre inénarrable barde vient encore de frapper fort. Il a pris la serpe d’or pour tailler des croupières à l’Histoire, à la raison et à ses pauvres ancêtres. Voilà bien les principales victimes de la dernière saillie de « l’homme des marais putrides » (traduction de son patronyme dans sa langue d’origine).
Selon les uns, il aurait consommé une substance prohibée, fabriquée par un druide facétieux, pour les autres, ils serait tombé dans le tonneau quand il était petit, ce qui l’a empêché depuis de grandir et surtout de raisonner. Pour tous, il dépasse les Romains dans leur principale caractéristique : celle que ne cesse de répéter le brave Obélix.
Il nous avait déjà fait le coup de célébrer l’acte de naissance de Jeanne, la joyeuse pucelle qu’il convient de ressusciter à chaque crise nationale. Mais la donzelle a le défaut d’être frontalière, de sentir un peu trop le mouton, animal qu'il ne fait pas bon évoquer en ce moment. Alors, pour ne pas rejouer deux fois la même carte, notre champion des anachronismes, sort de sa manche Vercingétorix, l’autre atout majeur de gloire fictive.
Cette fois, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Son régime sans celte lui a tourné le peu d’esprit qui lui restait. Le voilà qui s’invente un nouvel arbre généalogique, lui le champion de la souche sans racine. Le voilà flanqué d’une tribu imaginaire, lui qui se rêve à nouveau chef, perché sur le bouclier de son immense gloire.

mardi 20 septembre 2016

"ancêtres Gaulois" : "Ce ne sont pas les ancêtres qui font une nation"


                              "Nos ancêtres les Gaulois", le mythe remonte à la IIIe République 
mais il n'a "aucun sens sur le plan historique",

L’histoire de France peut-elle être réduite aux Gaulois ?
Si ce n’était pas un ancien président de la République, ma réaction première serait de sourire. Mais c’est à la fois une manipulation et une méconnaissance de l’histoire.
La population française actuelle est le résultat d’un métissage permanent. Les plus anciens "français" sont les Homo erectus qui vivaient il y a 1,2 million d'années dans le sud de la France. Puis il y a eu les hommes de Neandertal auxquels se sont mélangés les hommes modernes arrivés en France il y a 40.000 ans. Nous avons tous en moyenne 4% de gênes néandertaliens. Après, les immigrants du Proche-Orient ont apporté l’agriculture et l’élevage il y a 8.000 ans. Et ça continue : les Grecs ont fondé Marseille en 600 avant notre ère, etc.
Puis, les Romains ont envahi la Gaule. Ils la décrivent d’ailleurs comme un territoire divisé en trois parties habitées de peuples qui n’avaient rien à voir les uns avec les autres avec des langues, des institutions, des cultures différentes. Ces trois régions étaient elles-mêmes divisées en une soixantaine de petits Etats qui se faisaient la guerre. Il n’y avait pas de sentiment national. Parler des "Gaulois" est donc une généralité.
Viennent ensuite les Francs, les Wisigoth, les Lombards, les Bretons, les Vikings, les Arabes, les Juifs expulsés d’Espagne…
Ce mélange permanent n’a jamais cessé. Réduire la France à "nos ancêtres les Gaulois" n’a aucun sens sur le plan historique.
La IIIe République fonde l’école gratuite laïque et obligatoire, mais elle veut aussi fonder un sentiment national. Il faut souligner que la IIIe République nait de la défaite de Sedan face aux Allemands, en 1870. Et, auparavant, la royauté et l’aristocratie s’étaient revendiqué des Francs. Donc par opposition, la IIIe République va se revendiquer des Gaulois qui ont comme elle été vaincus.
Aux 18e et 19e siècles, les élites françaises considéraient au contraire les Gaulois comme des sauvages et des barbares. Quand le musée du Louvre est construit, on y met des objets grecs et romains parce que ce sont les racines culturelles des élites françaises. On n'y met aucun objet gaulois.

"Nous sommes français, nos ancêtres les Gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais, et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes ...
Je reconnais que voici une phrase imprudente, c'est celle-là qui sera épinglée; qui incitera à dire, 'vous voyez bien, c'est le président de la République qui l'a dit'. Ils (les journalistes) me répéteront peut-être sans mettre exactement le même sens aux propos que je tiens." François Mitterrand


N'en déplaise aux chantres des droits du sang ou des droits du sol, l'adhésion aux principes républicains et la pratique de la langue nationale devraient être des critères suffisants pour appartenir à une même communauté politique.
La victoire des sans-culottes sous le moulin de Valmy, qui crient à pleins poumons
"Vive la nation !", marque bien la naissance de la nation française et va générer la république.
Cette idée de nation est chargée d'un sens suffisamment positif pour que le philosophe Kant et le poète Goethe voient dans ce cri fondateur l'annonce d'une ère nouvelle. Depuis lors, le mot nation est étroitement associé à l'idée de liberté et à celle d'indépendance ; c'est en référence à ces principes que furent constituées après les deux guerres mondiales, "la Société des nations", puis "l'Organisation des nations unies".
En 1871, les Communeux, héritiers des sans-culottes, fouettés dans leur patriotisme face à l'invasion prussienne, ont fait leur révolution communaliste qui s'est mutée en désir de fraternité pour l'avènement d'une république universelle.  
Autrement dit au "Vive la nation  !" de 1792 correspond le "Vive la Commune !" de 1871.
Aujourd'hui, la nation est-elle encore une entité pertinente à l'heure de la construction européenne et face aux défis de l'immigration ?

mercredi 31 août 2016

Burkini, ils sont devenus fous

La polémique grotesque sur le Burkini, initiée par les maires du Sud-Est de la France, essentiellement Sarkozystes et relayée par Manuel Valls, donne à la précampagne présidentielle une odeur putride d’égouts. Ce mélange usé de racisme, d’islamophobie, de chasse à la femme arabe sur les plages de France, montre l’état de déchéance morale qu’a atteint la politique en cette rentrée 2016.

                                                
La polémique grotesque sur le Burkini, initiée par les maires du Sud-Est de la France, essentiellement Sarkozystes et relayée par Manuel Valls, donne à la précampagne présidentielle une odeur putride d’égouts. Ce mélange usé de racisme, d’islamophobie, de chasse à la femme arabe sur les plages de France, montre l’état de déchéance morale qu’a atteint la politique en cette rentrée 2016.
Honte à vous, politiciens de caniveaux dont les pères mesuraient déjà au millimètre les minijupes, chassaient les strings, parquaient les nudistes façon «Gendarme de Saint Tropez»… au nom des bonnes mœurs et de l’ordre moral. Aujourd’hui, vous êtes toujours hantés par cette vieille obsession du corps des femmes, qui motive vos ignominies. Inventant de toutes pièces une invasion de vos plages par des hordes de magrébines en « Burkini », vous prenez les mêmes arrêtés que vos père, pour « atteinte aux bonnes mœurs » et « trouble à l’ordre public»… raisons qui en disent long sur vos fantasmes. Vous n’avez de cesse de contrôler le corps des femmes.
Hier vous interdisiez l’avortement, aujourd’hui vous humiliez les femmes sur les plages en les obligeant à se déshabiller devant leurs enfants, sur injonction de vos policiers municipaux transformés en une police des mœurs. Vous qui prétendez être des défenseurs de la loi et de l’ordre vous n’hésitez pas à rejeter comme un chiffon de papier la décision du Conseil d’Etat, narguant ainsi l’autorité que vous voulez imposer à tous les autres.
Honte à vous, élus locaux et nationaux qui, par panique ou par conviction (?) reprenez les thèmes du Front national. Celui-ci peut même apparaître « apaisé », puisqu’il n’a même plus besoin de faire le sale boulot dont vous vous chargez. Il engrange dans le silence les voix que vous rabattez pour son compte. L’original se nourrit de vos lamentables copies. 
Honte à vous, Messieurs Sarkozy et Valls, qui instrumentalisez cette vague nauséabonde pour vous livre à une surenchère malsaine autour de l’identité. Avec l’ide des médias, cet ogre jamais repu, vous voulez persuader une opinion en quête de sens que les élections de 2017 se joueront sur ce terrain. On peut vous comprendre tant le programme de dévastation sociale de la droite est peu « vendeur » et que ce quinquennat est marqué du saut de la trahison de son électorat, comme l’a démontré la loi Travail. Car là est la seule vérité de ce pseudo débat de société : Il s’agit, par tous les moyens, de polariser l’attention de l’opinion sur ces questions, qui n’intéressent que des médias voraces, tout en détournant le regard de la question sociale. Mais il s’agit aussi de faire croire que, face au terrorisme, vous auriez des solutions magiques passant par la mise au ban des musulmans, tous confondus, considérés comme les fourriers des théo-fascistes de Daech.
Vous tentez le coup double, en faisant oublier vos erreurs stratégiques (abandon de la police de proximité, suppression des Renseignements Généraux, guerres en Lybie ou ailleurs … ) et en manipulant la laïcité comme valeur et principe politique de la République. Faut-il rappeler une nouvelle fois ici que la laïcité a pour fonction de permettre aux croyants de vivre sereinement leur foi, dans le cadre de l’espace public et privé, tout en organisant la séparation des cultes et de l’Etat. En vous attaquant frontalement aux fidèles d’une religion, vous êtes en train de faire exactement le contraire et vous rompez le compromis de 1905 passé avec l’Eglise. Les plus droitiers des ex UMP ne s’en cachent d’ailleurs plus : Il s’agit pour eux d’empêcher que l’Islam s’affirme face à la religion catholique, apostolique et romaine de la France, « fille ainée de l’Eglise ». Les Wauquiez et consorts se sont mis en mode « guerre de civilisations », brandissant des références mythiques que même les évêques de France récusent. J’entends tous les jours des diatribes contre l’islam sans que ceux qui les prononcent la bave aux lèvres aient lu le moindre verset coranique. L’ignorance fait le lit de la violence.
Oui, je dis halte aux fous, car ce jeu dangereux mine chaque jour un peu plus la France et ses fondements démocratiques, une France où paroles et actes racistes se libèrent, comme au bon vieux temps de la délation et de la folie antisémite qui battait sons pleins dans une certaine presse.
Vous êtes en train de créer les conditions d’une guerre civile de basse intensité qui peut, du jour au lendemain, prendre des formes de violence extrême où l’esprit de vengeance l’emportera sur tout autre considération.
Les mots ne sont pas innocents.  Ils peuvent tuer. Au nom de la religion, ils ont déjà tué en France, de la Saint Barthélémy à Saint- Etienne du Rouvray. Ceux qu’emploient les politiciens racistes face aux arabes et aux musulmans, ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux utilisés par les Ligues d’extrême droite de l’entre-deux-guerres contre les juifs. Ces derniers,  en tout cas pour ce qui concerne les juifs orthodoxes, sont d’ailleurs autant concernés par la tenue des plages que les fidèles musulmans.
Oui, halte aux fous : nous en avons assez de voir la religion s’emparer des esprits, devenir la thématique prioritaire du débat public dans une France où l’immense majorité ne croit ni en Jésus, ni en Mahomet, ni en Moïse, ni en Bouddha, est athée ou vit sa religion en privé.
Que ceux qui veulent porter un voile, une kippa ou une croix, le fassent dans l’espace public. La loi de 1905 - qui n’est pas une loi antireligieuse - les y autorise. Le Burkini ne me gène pas, même si je pense pas qu’il n’est pas un instrument de la libération des femmes.
Ceux qui gangrènent le climat politique sont ces démagogues qui exploitent le désarroi et la colère nés des attentats, en se prenant pour les héritiers de Charles Martel et en utilisant Marianne à tort et à travers.
Le consensus libéralo autoritaire du néoconservatisme, façon Valls et Sarkozy - les deux faces d’une même médaille - est en train de créer un agenda de la peur. Ici on ne chasse plus le Burkini, mais le foulard, sur la plage, là on expulse les musulmans de son restaurant. Demain on verra fleurir les pancartes « interdit aux chiens et aux musulmans ».  
Celles et ceux qui défendent le cosmopolitisme comme vision du monde, qui refusent l’hégémonie culturelle d’un nationalisme français réduit à l’ethnicisme gaulois, doivent défendre le droit de chacune et de chacun à se vêtir comme bon lui semble, à manger hallal ou casher, à vivre et à être enterré là où il le désire.  
Les terroristes sont en train de gagner la bataille contre l’Etat de droit. Ils ont déjà remporté une première victoire avec la surveillance de masse qui s’ingère dans nos vies privées. Ils sont en train d’en remporter une seconde en transformant en ennemi la population d’origine musulmane et en laissant s’installer un totalitarisme «  soft » établissant un code pénal de notre mode de vie.
Il est temps que ce vent de folie islamophobe et raciste cesse, avant qu’il ne soit trop tard.
                              Le blog de Noël Mamère                                                                        
 

lundi 22 août 2016

Londres prêt à sanctionner les conseiller fiscaux


Evasion fiscale: Londres prêt à sanctionner les conseillers

21 août 2016 | Par martine orange

Décidé à lutter contre la fraude, le gouvernement de Theresa May veut adopter de nouvelles lois permettant de sanctionner

 Les grands cabinets d’audit, les avocats et autres

 pour leurs conseils d’évasion.

Jusqu’alors, ceux-ci avaient toujours su éviter toute poursuite.

L’initiative porte un coup à l’industrie de l’évasion fiscale.

C’est un des rares engagements de Theresa May, lorsqu’elle a pris le poste de premier ministre dans la période confuse de l’après-Brexit. Son gouvernement, a-t-elle alors assuré, allait lutter contre l’évasion fiscale, rappelant que l’impôt est le prix à payer pour la société évoluée que les Britanniques veulent.

Trois semaines plus tard à peine, les paroles commencent à se transformer en actes. Le gouvernement a en projet de lancer une campagne contre l’évasion fiscale en sanctionnant non seulement tous les fraudeurs fiscaux mais aussi tous les conseillers, avocats et autres auditeurs qui auraient aidé à monter des schémas de fraude et d’évasion. À l’avenir, ceux-ci pourraient se voir infliger des amendes correspondant à 100 % des sommes qui ont échappé au fisc grâce à leur montage.

C’est en tout cas le sens du texte que le gouvernement a en préparation. Une vaste consultation sur le sujet a été lancée en milieu de semaine et devrait aboutir d’ici à la fin de l’année. « Les personnes qui élaborent les schémas d’évasion fiscale privent le pays de revenus fiscaux essentiels. Le gouvernement est déterminé à s’assurer qu’ils paient », a expliqué Jane Ellison, secrétaire au Trésor, en lançant la consultation. « Le renforcement des sanctions fera réfléchir les conseillers à deux fois et, en retour, diminuera le nombre de montages frauduleux », a-t-elle poursuivi.

La nouvelle a été saluée par nombre d’organisations qui militent depuis des années pour un changement international dans la lutte contre l’évasion fiscale. Pour tous, s’attaquer aux conseillers qui mettent en place les schémas de fraude fiscale et facilitent leur mise en œuvre est une nécessité. Les gouvernements, selon eux, auraient dû s’en préoccuper bien plus tôt.

« Le danger ne vient pas d’individus ou de sociétés individuelles qui mettent en place unilatéralement des mécanismes d’évasion fiscale. Le vrai danger provient de montages qui sont largement répandus », dit un des responsables de l’ONG Tax Justice Network, applaudissant la décision gouvernementale. « Il existe un système global pourri qui s’appuie sur des professionnels prêts à tester les limites de la légalité pour aider leurs clients à réduire leur impôt », explique de son côté un conseiller économique de l’organisation caritative Christian Aid au Financial Times.

Depuis plusieurs années, la fraude fiscale fait l’objet d’un grand débat public en Grande-Bretagne. Sous la pression de son opinion publique, le gouvernement britannique a dû engager le combat contre les fraudeurs. Il a lui-même donné quelques noms de grands groupes internationaux passés maîtres dans l’art d’éluder l’impôt. Google, Apple, Starbucks y figurent en bonne place. À la suite d’une campagne de boycott lancée par des consommateurs, la chaîne vendeuse de café a été obligée de s’engager à payer des impôts au Royaume-Uni. Plusieurs autres grands groupes ont entrepris, à sa suite, des négociations avec le fisc britannique afin de régulariser leur situation. Mais ces régularisations restent souvent a minima : les grands groupes, qui ne payaient rien, acceptent de payer quelques dizaines de millions de livres d’impôt, au lieu des centaines qu’ils devraient normalement verser. Surtout, ces quelques cas emblématiques ne règlent pas un mal bien plus profond. Selon des estimations du gouvernement britannique, la fraude fiscale se chiffre en milliards de manque à gagner pour l’État chaque année. L’opinion publique britannique supporte de moins en moins cette situation, alors que dans le même temps tous les services publics, à commencer par la santé, souffrent d’années de rigueur et de coupes budgétaires.

Que ce soient HSBC, LuxLeaks, Panama Papers ou UBS, les derniers scandales ont aussi mis en exergue l’ampleur des enjeux : la fraude et l’évasion fiscale sont devenues une industrie mondiale. L’oligopole mondial de l’audit, formé par les quatre grands cabinets Ernst & Young, PwC, KPMG et Deloitte, est au cœur de ce système, accompagné par des escouades d’avocats, de conseillers juridiques, de notaires partout dans le monde. Les mécanismes qui tournent à toute puissance depuis plus d’une dizaine d’années sont désormais parfaitement huilés. Entre le sandwich hollandais, la holding personnelle luxembourgeoise, le trust à Guernesey, pour finir dans une société offshore à Tortola ou aux Bermudes, tout est balisé.

Comme l’a prouvé le scandale LuxLeaks, les montages sont quasiment normés : PwC proposait des copier-coller à ses clients. Le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, au cœur du scandale des Panama Papers, avait industrialisé la création de sociétés offshore ; en quelques jours à peine, il pouvait créer pour ses clients une société au Panama ou aux îles Caïmans, en écrire les statuts, la faire enregistrer et ouvrir un compte bancaire. Cela n’empêche pas à tous ces conseillers de faire payer très chèrement leurs services : jusqu’à 20 % des sommes qui auraient dû être versées au fisc, dit-on.

Bien qu’ils aient été mêlés à tous les scandales récents de fraude fiscale, les quatre groupes d’audit comme les grands cabinets d’avocats et de conseil n’ont jamais été ennuyés ni par les services fiscaux ni par la justice. En un mot, les conseilleurs n’ont jamais été les payeurs. Tous ont été pris par surprise en découvrant les intentions du gouvernement britannique, conservateur de surcroît. Dans un premier temps, certains ont essayé de faire bonne figure. « Les temps ont changé et les débats autour de l’impôt aussi. Ce qui était vu comme un comportement acceptable ne l’est plus », a ainsi commenté un porte-parole du cabinet KPMG. Un texte permettant de sanctionner ceux qui allaient trop loin pourrait finalement ne pas être une mauvaise chose, « si cela permettait de dissuader les cow-boys qui tournent autour de ce secteur », expliqua ainsi un responsable du cabinet d’avocats DLA Piper.

Mais après quelques heures de réflexion, la contre-attaque a commencé. Les termes employés dans l’avant-projet leur paraissent « trop flous ». L’ensemble de la profession, même en donnant des conseils prudents et légaux, pourrait « se retrouver menacée ». « Le gouvernement doit agir avec prudence dans sa volonté de nettoyer les schémas de fraude. Cela ne doit pas dissuader les contribuables de rechercher des avis honnêtes et impartiaux, respectueux de la loi. Les définitions vont être décisives », a prévenu de son côté un responsable d’un cabinet de conseillers. Bref, la bataille a commencé et elle risque d’être livrée pied à pied.

L’avenir dira ce qu’il advient de ce texte, et de la volonté du gouvernement britannique de s’attaquer vraiment à la fraude fiscale. Quelle que soit l’issue, cette décision a au moins le mérite de lancer le débat sur un terrain où les gouvernements n’ont jamais voulu aller.

Cette volonté affichée tranche avec le silence assourdissant qui entoure ces sujets en France. Tout est mis en œuvre pour que l’évasion et la fraude fiscales, qui coûtent quand même plusieurs dizaines de milliards d’euros au budget chaque année, ne deviennent pas un sujet débattu au Parlement ou ailleurs. Alors que le gouvernement britannique n’hésite pas à livrer des noms de mauvais payeurs, le gouvernement français, au nom du secret fiscal, fait tout au contraire pour les cacher. Les listes HSBC ont été mises sous le boisseau pendant des années. Et l’État a institué de très discrètes cellules de dégrisement pour les contribuables repentis.

En 2013, un amendement avait bien été déposé par quelques députés frondeurs dans le cadre de la loi de finances afin de pouvoir sanctionner aussi les conseillers qui facilitaient l’évasion fiscale. Il a été prestement enterré.

vendredi 29 juillet 2016

Question posée par la journaliste saoudienne, Nadine Al-Budair :

Pour Abdelkader Sadouni, l’imam préféré de Christian Estrosi,
C’est « la laïcité française [qui] est responsable des attentats »
C’est au quotidien italien de centre droit Il Giornale, que Abdelkader Sadouni, imam de Nice choyé par le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, est allé livrer cette odieuse explication dans une interview publiée le 19 juillet, soit dès le lendemain de la fin du deuil national dans lequel l’attentat de Nice, avec ses 84 morts, avait plongé la France. Le propos de l’imam Sadouni, qui prêche à Nice à la mosquée Attaqwa, dans le quartier des Moulins, et dirige la librairie islamique de la rue de Suisse, est étayé par un argumentaire dont vous livrons des extraits :
« La laïcité serait un principe équitable si elle garantissait la liberté de culte à tous. Ce n’est pas ce qui se passe. Aujourd’hui, la laïcité est un extrémisme qui tente d’éradiquer toutes les religions. […] Si la laïcité continue à être appliquée ainsi, alors le désir de rejoindre les musulmans qui luttent en Syrie restera fort chez de nombreux jeunes. »
« Le problème de la communauté musulmane est qu’elle n’a pas sa place dans la société française. La France est un pays laïc, qui est opposé à la promotion de la religion et de sa manifestation. Ce faisant, l’islam est mis dans le coin, discriminé, et les musulmans sont attaqués parce qu’ils veulent pratiquer leur foi. Le problème ne vient pas de la communauté musulmane, mais du fait qu’il y a un manque de volonté de lui donner plus d’espace dans la société. »

En fait, pour l’imam Sadouni, la laïcité est condamnable… parce qu’elle fait obstacle à l’islamisation de la France ! Autres citations, extraites du même entretien à Il Giornale :
« Au cours des dernières années, nous avons assisté au départ pour la Syrie de nombreux jeunes musulmans de Nice, qui emmènent souvent avec eux leurs femmes et leurs enfants… La discrimination des musulmans en France, les attaques islamophobes et l’interdiction de l’usage des symboles religieux dans l’espace public sont les raisons qui poussent ces jeunes gens, qui ne se sentent pas partie de la communauté nationale, à partir pour rejoindre ceux qu’ils croient être leur prochain. »« Je pense que la situation des musulmans en France est le premier facteur qui pousse de nombreux jeunes hommes à se battre. Tant que les mosquées seront si peu nombreuses, tant que leur construction entraînera des manifestations, tant que les musulmans seront discriminés, alors ces réactions existeront. Ce sont des réactions certainement mauvaises mais elles sont réelles, et il faut éradiquer le phénomène qui les génère. »
En août 2015, l’imam Sadouni, questionné par Nice Matin sur ses rapports avec la municipalité, alors que la ville de Nice était dirigée par Christian Estrosi , avait eu cette réponse : « Nous avons la chance d’avoir une oreille attentive. » Ce que Christian Estrosi avait plus que confirmé sur l’antenne de RTL : « Je le soutiens de toutes mes forces parce que c’est quelqu’un qui est un relais social » ! Moyennant quoi l’imam Sadouni avait fait campagne lors des élections régionales pour l’élection d’Estrosi !
           Question posée par la journaliste saoudienne :       « Comment réagiraient les musulmans si des terroristes chrétiens se faisaient sauter au milieu d’eux ? »
une traduction de son article par l’institut de recherche médiatique du Moyen-Orient (MEMRI)
Par Nadine Al-Budair – 29 février 2016

Dans un article qui a de fortes chances d’être considéré provocant dans son pays, une journaliste saoudienne demande au monde musulman de voir la réalité en face si les rôles Chrétien-Musulman étaient inversés.   
La journaliste libérale Nadine Al-Budair, qui vit au Qatar, a publié un article dans le quotidien kowëitien Al-Rai dans lequel elle demande comment les Musulmans auraient réagi si des Chrétiens s’étaient fait sauter au milieu d’eux ou avaient tenté de les forcer à épouser leur foi.
Elle a présenté cette question hypothétique tout en demandant au monde musulman de se regarder dans la glace et d’engager des réformes, au lieu de condamner les attitudes occidentales envers lui.

« Imaginez un jeune d’un pays de l’Ouest venant ici se faire sauter au milieu d’une de nos places publiques au nom de la Croix. Imaginez que deux gratte-ciels se soient effondrés dans une capitale arabe et qu’un groupe extrémiste chrétien, en vertu de quelque comportement plus que millénaire, ait pris la responsabilité de cet acte, tout en faisant connaître sa détermination de raviver les enseignements ou quelques règles de la Christianité, selon son interprétation, afin de vivre comme au temps de Jésus et de ses disciples et de mettre en application certains édits d’un érudit chrétien »
« Imaginez entendre les voix de moines et prêtres depuis leurs églises et salles de prière ici et là dans le monde arabe, criant dans des haut-parleurs et assénant les Musulmans d’accusations, les traitant d’infidèles et chantant « Dieu, éliminez les Musulmans et qu’ils soient tous vaincus. »
« Imaginez qu’ayant accordé à des groupes étrangers un nombre infini de visas, de cartes d’identité, de citoyennetés, d’emplois, de bienfaits d’une éducation gratuite, d’une assurance-maladie moderne et gratuite, de sécurité sociale, etc… etc… et que plus tard un membre de l’un de ces groupes sorte du lot, plein de haine et de désir de sang, et qu’il tue nos fils dans nos rues, dans nos maisons, dans les bureaux de nos journaux, dans nos mosquées et dans nos écoles  ».
« Imaginez un Français ou un Allemand à Paris ou à Berlin emmenant son voisin musulman, quelque part, pour l’assassiner et mettre sa tête dans un congélateur, d’un sang froid bien calculé… comme un terroriste l’a fait avec la tête d’un Américain à Riyad il y a quelques années ».    Elle faisait allusion à l’ingénieur américain Paul Marshall Johnson, qui fut enlevé et décapité par des agents d’Al-Qaeda en Arabie Saoudite en 2004. Sa tête fut retrouvée dans un congélateur dans un appartement de Riyad environ un mois plus tard.
« Imaginez que nous visitions leurs pays comme touristes et qu’ils nous tirent dessus, fassent exploser des voitures près de nous et fassent connaître leur opposition à notre présence en chantant « Chassez les Musulmans de notre pays et de notre culture. »
« Ces images sont loin de la pensée du terroriste arabe ou musulman parce qu’il a la certitude, ou avait la certitude, que l’Ouest est humanitaire et qu’un citoyen occidental refuserait de répondre de cette manière aux crimes barbares des terroristes musulmans. Malgré les actes de terrorisme d’Al-Qaeda et d’ISIS (ou État islamique), nous, les musulmans, vivons sur les terres occidentales depuis des années sans peur ni inquiétude. Des millions de touristes musulmans, d’immigrants, d’étudiants et de demandeurs d’emplois vont dans les pays de l’Ouest, dont les portes leur sont ouvertes et les rues sans danger ».
« Cependant, pendant combien de temps encore cela durera-t-il ? La colère des Occidentaux envers les musulmans est évidente et ils font d’effrayantes déclarations ».
« C’est étrange que nous, les musulmans, croyons avoir le droit de condamner de telles déclarations plutôt que d’examiner les implications de certains de nos curriculums extrémistes, de notre formation et de nos régimes, et d’en avoir honte… C’est étrange pour nous de condamner l’Ouest au lieu d’examiner ce qui arrive chez nous : les façons extrémistes dont nous interprétons la charia et nos attitudes réactionnaires à l’encontre les uns des autres et du monde. C’est étrange que nous condamnions le reste du monde au lieu de lui présenter des excuses ».
« Comment réagiriez-vous si un Européen faisait exploser un théâtre ou café fréquenté par votre fils dans votre ville ? Que feriez-vous si vous entendiez des malédictions contre votre religion et votre foi tous les dimanches, comme ils en entendent de certains de nos imans le vendredi et d’autres jours ? »
« Imaginez vous trouver à Amsterdam, Londres ou New York, sachant que les étudiants y apprennent comme partie de leurs cours que vous êtes un infidèle et que de vous tuer est le jihad qui conduit aux vierges du paradis ; prolongeriez-vous votre séjour jusqu’à la fin de l’été ou partiriez-vous ? Vous feriez-vous exploser comme le font les terroristes musulmans, ou vous contenteriez-vous de retenir votre rage et de demander d’interdire l’accès des Chrétiens aux pays arabes ; que feriez-vous ? »
« Imaginez la guerre qui aurait éclaté si les Occidentaux avaient fait valoir leurs valeurs face aux crimes sanguinaires commis par des étrangers, et si l’Ouest ou un mouvement chrétien anti-radical s’était élevé dans nos villes arabes ? »
« Après toutes ces farces, un analyste arabe lance un message pathétique, récitant les mêmes mots à ses amis comme il les a répétés des millions de fois : « Ces Musulmans qui commettent des crimes ne représentent pas l’Islam, mais seulement eux-mêmes. » ».
« C’est tout ce que nous savons faire, nous absoudre de toute culpabilité ».