samedi 15 octobre 2016

Quand Sarkozy recevait Assad..Kadhafi & Poutine ...

Des dizaines, des centaines d’hommes et de femmes meurent, donc, et pendant ce temps-là, la classe politique française se regarde le nombril avec des yeux de myope. La gauche préfère débattre à n’en plus finir des supposées trahisons de François Hollande, quand la droite, elle, s’empaille pour savoir si nos ancêtres peuvent être ou non qualifiés de gaulois
Désolant spectacle que ce petit monde tristement replié sur lui-même au point de ne plus avoir d’avis sur le monde qui l’entoure et les menaces qui en découlent.
Cela se passe à 4.000 kilomètres d’ici. Un déluge quotidien de bombes s’abat sur Alep, écrasant hommes, femmes et enfants, en d’autres mots, la fameuse population civile, comme on le dit quand on veut noyer sous un épais langage diplomatique des victimes faites de chair et de sang.
Ça se passe à 4.000 kilomètres donc, et nous regardons Alep s’effondrer, impuissants. Les admonestations et les mises en garde s’empilent sur le bureau du Conseil de Sécurité comme autant de lettres mortes. Il en faut plus, et tout le monde le sait, pour émouvoir d’aussi sinistres personnages que Bachar al-Assad et Vladimir Poutine.
Tout le monde sait aussi qu’il aurait pu en être autrement si, dès le mois d’août 2013, les Occidentaux avaient fait bloc, si Washington n’avait pas lâché Paris à l’époque, si dans la foulée des "printemps arabes", les Syriens étaient parvenus à mettre un terme aux quarante ans de régime de la famille Assad, si le souvenir de Guernica, de Dantzig, de Grozny ou de Benghazi avait suffi à émouvoir l’opinion publique internationale… Las ! On ne fait pas de géopolitique avec des "si", mais avec des "quand".
Pour le coup, il serait injuste de blâmer outre mesure la position de la France qui proposa jusqu’au bout d’intervenir tant que la perspective de représailles occidentales était encore crédible, bref, tant qu’il en était encore temps. Elle se heurte aujourd’hui à la fermeté de Moscou entré avec fracas et fureur dans cette danse macabre depuis un an.
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Avec une froideur assumée, le maître du Kremlin juge depuis le début que l’anéantissement de Daech passe après le maintien du régime de Damas et la défense de ses propres intérêts dans la région, torpillant au passage tout espoir d’accord diplomatique pour résoudre la crise syrienne avec l’opposition.
Non, l’interrogation première porte sur le rôle des Etats-Unis désormais obnubilés par leur campagne présidentielle. Après avoir renoncé pour des raisons de politique intérieure à une nouvelle intervention au Proche-Orient, l’administration américaine paie aujourd’hui très cher son aveu de faiblesse et paraît incapable d’imposer quoi que ce soit, et même de peser sur une solution. En matière de relations internationales, il ne suffit pas de crier au loup, encore faut-il savoir mordre. 
Quand Sarkozy recevait Assad
Des dizaines, des centaines d’hommes et de femmes meurent, donc, et pendant ce temps-là, la classe politique française se regarde le nombril avec des yeux de myope. La gauche préfère débattre à n’en plus finir des supposées trahisons de François Hollande, quand la droite, elle, s’empaille pour savoir si nos ancêtres peuvent être ou non qualifiés de gaulois
Désolant spectacle que ce petit monde tristement replié sur lui-même au point de ne plus avoir d’avis sur le monde qui l’entoure et les menaces qui en découlent.
Qui ose demander aujourd’hui à Nicolas Sarkozy pourquoi et comment il a cru pouvoir renouer le lien avec Bachar al-Assad en l’invitant en grande pompe à Paris lorsqu’il était président ?
 Qui ose intimer à François Fillon ou Marine Le Pen d’expliquer d’où leur vient leur indulgence pourVladimir Poutine ?
Qui interroge aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon sur le fait qu’il pronostiquait il y a six mois seulement que l’intervention russe allait selon ses propres mots "régler le problème en Syrie" ? Personne.


jeudi 13 octobre 2016

Moi, président de la République, ...

Nous avons bien des préjugés à vaincre,
 Avant de concevoir seulement que la source de toutes les mauvaises lois, que l’écueil de l’ordre public,
C’est l’intérêt personnel, c’est l’ambition et
la cupidité de ceux qui gouvernent.”... 
Robespierre
Lors du congrès de l’Union syndicale des magistrats (USM), le président affirmait en public que « ce sont d’abord les magistrats qui font la justice », le même entonne un tout autre refrain dans le huis clos de son bureau, devant les journalistes du Monde. Il parle de la justice comme d’« une institution de lâcheté ». Visant surtout ses gradés, il ajoute : « C’est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux… On n’aime pas le politique. La justice n’aime pas le politique… »

Le premier président Bertrand Louvel a déclaré lors d’une audience solennelle que ces commentaires posaient "un problème institutionnel" et reproché à François Hollande de "diffuser parmi les Français une vision dégradante de leur justice" .Le procureur général Jean-Claude Marin a ajouté qu’un entretien mercredi soir entre M. Hollande et les deux hommes "n’avait pas atténué le sentiment que la magistrature (avait) ressenti face à une nouvelle humiliation."                                               
Le garde des sceaux, M. Urvoas a ajouté que le chef de l’État n’avait pas eu "un jugement porté publiquement à l’occasion d’une émission télévisée sur tel ou tel magistrat", allusion à l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy, dont les relations avec les juges ont été souvent houleuses. Auparavant, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, s'en prenait régulièrement aux magistrats - en particulier aux juges d'instruction

François Hollande se montre en totale déconnexion avec les enjeux fondamentaux, évaluant les “affaires” exclusivement sous l’angle de leur impact électoral.
Un peu comme si la lutte contre la corruption n’était pas porteuse de revendications citoyennes, qui dépassent la simple impression de tir aux pigeons que le spectacle des “affaires” peut parfois offrir : redonner confiance aux citoyens dans le fait démocratique, récupérer les masses considérables d’argent qui échappent à la richesse des nations, moraliser durablement la vie publique…  
Un peu comme s’il n’y avait aucune leçon à tirer, en dehors de quelques calculs de boutiquier, du fait que le portrait de la France de 2016 soit – outre le chômage, la menace terroriste et la furia identitaire – celui d’un pays miné par la corruption.
Les faits, pourtant, sont là, sous nos yeux : un ancien président de la République (Nicolas Sarkozy) deux fois mis en examen, comme une trentaine de ses proches (ministres, avocats, conseillers, policiers…), un ancien premier ministre candidat (Alain Juppé) condamné, un parti d’extrême droite (le Front national) renvoyé devant un tribunal correctionnel pour « complicité d’escroqueries », un ancien ministre du budget (Jérôme Cahuzac) fraudeur fiscal, une ancienne ministre de l’économie aujourd’hui directrice du Fonds monétaire international (Christine Lagarde) bientôt jugée, le patron du parti majoritaire (Jean-Christophe Cambadélis) deux fois condamné par la justice financière – liste non exhaustive.
Les exemples du mépris (au mieux du dédain) présidentiel pour les “affaires”, et de ce qu’elles disent de l’état du pays, sont légion dans l’ouvrage. Les deux reporters du Monde l’écrivent eux-mêmes : « Il nous l’a suffisamment répété, il ne compte pas sur les “affaires”, dont il juge qu’elles ont un faible impact sur l’électorat, et dans tous les cas ne profitent pas aux partis traditionnels, bien au contraire. » François Hollande : « Je crains que ce ne soit regardé comme une des illustrations de la décomposition du système démocratique. » Capable d’un grand cynisme, le président n’exclut pas, cela étant, de se servir desdites “affaires” en temps utile, « dans une campagne »
Un exemple est particulièrement instructif sur la vision présidentielle. Quand éclatent en 2014, à quelques jours d’intervalle, l’affaire Buisson, du nom de l’ancien conseiller de Sarkozy pris dans les filets de la justice, et l’affaire “Bismuth”, du faux nom dont s’était affublé le même Sarkozy pour comploter contre des juges trop fouineurs, François Hollande se plaint : « On avait l’inversion de la courbe du chômage, le pacte de responsabilité, nos initiatives sur l’Ukraine… On n’a pas pu expliquer tout ce qu’on avait fait. Franchement, ces affaires-là, elles ne nous servent pas […]. Ça n’a aucun intérêt pour nous. » « Intérêt », « servir » il ne sort guère du registre utilitariste.
De l’affaire Bygmalion, il ne sait d’ailleurs que penser, ou disons qu’il se tâte. Au départ, la responsabilité du candidat Sarkozy dans l’explosion du plafond de dépenses lui semble indiscutable : « Moi je n’ai pas signé les chèques, donc je ne peux pas dire que Sarkozy les a signés. Mais à un moment, on sait, assène-t-il en 2014. Parce qu’il y a quelqu’un qui vous dit : “Là, on ne peut pas, on va être repérés”. » Puis voilà qu’en février 2016, il épouse la ligne de défense sarkozyste : « Je pensais que sur cette affaire le Conseil constitutionnel avait tout dit […]. J’ai trouvé que la mise en examen [de Sarkozy] était peut-être automatique dès lors qu’il avait signé les comptes mais n’indiquait rien sur sa connaissance ou pas de l’affaire Bygmalion. » À force de vouloir démontrer son refus de toute instrumentalisation des affaires, il s’approche de l’absolution.
C’est que la médiatisation grandissante du dossier Bygmalion l’inquiète pour lui-même : « Ce n’est pas bon pour la politique […]. Une bonne partie de l’opinion publique doit se dire […] : “Est-ce que les autres n’ont pas fait pareil ? [Sarkozy] se fait pincer, il s’est fait rattraper. Et Hollande ?” » Le travail des juges a cet inconvénient, en effet, qu’il réveille la vigilance des citoyens et les questions légitimes – sans susciter de réponses législatives pour autant, puisque le PS n’a presque rien entrepris pour renforcer les contrôles sur le financement de la vie politique.
Les “affaires” permettent en tout cas au président de la République de se tendre un miroir pour y admirer son reflet et constater qu’il n’est pas Sarkozy. « Moi, président de la République, je n’ai jamais été mis en examen… Je n’ai jamais espionné un juge, je n’ai jamais rien demandé à un juge, je n’ai jamais été financé par la Libye… », se rassure le chef de l’État, reprenant la fameuse anaphore du débat d’entre-deux-tours de 2012.
En matière de moralisation, François Hollande n’a certes pas tout fait (il a renoncé à supprimer la Cour de justice de la République réservée aux ministres, refusé de faire sauter le “verrou de Bercy” dans la lutte contre la fraude fiscale, etc.), mais il a bien plus agi que ses deux prédécesseurs, en interdisant toute instruction du ministère de la justice dans une affaire individuelle, en créant le Parquet national financier (PNF) et la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) en 2013, puis l’Agence française anticorruption cette année.

Tout est fait, pour que, en France, pays des Droits de l’Homme dont les dirigeants donnent des leçons de démocratie à la planète entière, il ne puisse jamais y avoir un référendum à la demande du peuple, pour proposer une loi ou abroger un texte.

lundi 10 octobre 2016

Une seule stratégie de campagne s'impose : mentir et tricher.  




Une seule stratégie de campagne s'impose : mentir et tricher.        Pour Najat Vallaud-Belkacem, "le vrai modèle de Nicolas Sarkozy n'est pas Angela Merkel, mais un mélange de Silvio Berlusconi, de trump  et de Vladimir Poutine, avec le vide idéologique et la brutalité des méthodes ".

Dans la bouche de Donald et Nicolas, les journalistes forcément "de gauche" sont des représentants de cette élite qui a perdu le contact avec la réalité et se moquent des intérêts du peuple… On peut bien leur mentir. Ils ne sont pas légitimes ce ne sont que des nains malfaisants. Trump les insulte. Sarkozy dézingue en direct ceux qui lui cherchent des poux au sujet de sa mise en examen dans l’affaire Bygmalion, ses revirements politiques ou sa responsabilité de chef d’état dans le naufrage de la Libye

Pas un jour sans que l’une de ses saillies passées ou présentes ne défraie la chronique. Nicolas Sarkozy peut cracher sur ses anciens collaborateurs et ses adversaires à longueur de off :

le Président Hollande
De près, immonde. Ses cheveux sont mal teints, il a l’air d’un ministre chinois. La graisse dégouline sous sa chemise, et, en dessous, il a des petites jambes d’enfant…"
 Fillon, 'notaire de province', au regard torve,
Juppé ? Un vieillard dont il n’a pas peur,
Gérard Larcher "trop laid"
pour intégrer le gouvernement,
Borloo, tellement nerveux qu’il se 'bouffe les crottes de nez'

"Mme Najat Vallaud Belkacem aurait mieux fait de se taire, elle nous fait honte"*

"Est-ce que c'est possible d'avoir des manuels scolaires où l'on n'enseigne pas la théorie du genre sans être dépeint comme un passéiste ?",

a demandé Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting dans le cadre des primaires de la droite et du centre en vue de la présidentielle de 2017. 


* La théorie du genre a fait son grand retour après que le Pape, alerté par un parent français, s’est alarmé de l’enseignement, supposé, de la ‘’théorie du genre’’ dans les manuels scolaires.

Dans la foulée, Najat Vallaud-Belkacem a dit regretter ‘’une parole légère et infondée’’ du souverain pontife ‘’victime de la campagne de désinformation massive des intégristes’’.

Pour Najat Vallaud-Belkacem, en réponse au candidat Sarkozy, Honte ? c’est le monde à l’envers

 ‘’Ce qui fait honte à la France M Sarkozy, c’est l’image que vous avez donné de la France

pendant un quinquennat jalonné par d’innombrables affaires de corruption et de népotisme,

par la complaisance et la soumission envers des dictateurs criminels

comme Kadhafi ou Bachar al-Assad’

‘’Ce qui fait honte à notre pays, ce sont vos insultes à l’égard de nos concitoyens,

ce sont vos discours de Dakar et de Grenoble,

éructés par des conseillers d’extrême-droite enrichis par les sondages illégaux 

 sans oublier les tricheries d’argent, de plus de 20 millions d’euros aux élections, 

comme si la démocratie pouvait s’acheter’’.


Des deux côtés de l’Atlantique, la rhétorique populiste est censée complaire à une "majorité silencieuse" blanche au comble de l’angoisse identitaire. Il s’agit de nommer les problèmes tout en se proposant comme la solution. L’auteur de "Tout pour la France" et le bâtisseur américain qui promet de "rendre sa grandeur à l’Amérique" sont de la race des sauveurs.

"A chaque fois que Nicolas Sarkozy prend la parole, il abaisse le niveau du débat dans ce pays",

Christiane Taubira

Reste que populisme à la Sarkozy n’est pas tout à fait abouti. L’ancien président de la République française se distingue encore de Trump - et de Marine Le Pen - sur un point crucial : il cale devant les arguments souverainistes en matière économique. Pas question pour lui de fustiger la mondialisation comme le candidat républicain ou l’Europe libérale comme la patronne du Front national

"Je veux une politique économique centrée sur les entreprises", dit-il en promettant 300.000 suppressions de postes de fonctionnaires et des baisses d’impôts pour les classes moyennes. La belle affaire ! Trump, lui, y va carrément. "Des voitures américaines rouleront sur nos routes. Des avions américains voleront dans les cieux, des bateaux américains écumeront les mers. De l’acier américain supportera de nouveaux gratte-ciels, des mains américaines reconstruiront le pays et de l’énergie américaine puisée à des sources américaines alimenteront la nation." ...Encore un effort M. Sarkozy 

jeudi 29 septembre 2016

Ainsi va la Gaule !


Les étrangers ne sont pas comme nous. Et leurs mœurs nous horrifient. Au Brésil, Dilma Rousseff, présidente soupçonnée d’avoir participé au système de corruption Petrobras, a été destituée.

 Une folie amazonienne !

Aux Etats-Unis, la candidate à la Maison-Blanche Hillary Clinton a dû comparaître pendant 12 heures devant une commission parlementaire pour avoir utilisé sa boîte mail personnelle à des fins professionnelles

Une lubie yankee ! 

En Suède, une ministre sociale-démocrate a démissionné après avoir été prise en flagrant délit de conduite en état d'ivresse.

Une dérive calviniste !

 En Roumanie, l'ex-Premier ministre Victor Ponta, poursuivi dans un dossier de financement de la campagne électorale qui l'avait mené au pouvoir en 2012, a été placé sous contrôle judiciaire en attendant son jugement.

Un folklore roumain !

En Gaule, rien de tel.

Nos dirigeants n’ont aucun souci à se faire. A défaut de leur couper la tête, nous leur pardonnons toujours, quels que soient leurs égarements. Bien qu’il ait fait exploser le plafond de dépenses de campagne en 2012, bien que les soupçons s’accumulent quant à un éventuel financement libyen de sa campagne de 2007, bien qu’il soit mis en examen dans l'affaire dite des "écoutes" pour avoir cherché à corrompre un magistrat de la Cour de cassation avec la complicité de son avocat, bien qu’il soit mis en examen dans l’affaire Bygmalion et que son renvoi devant le tribunal correctionnel soit requis par le parquet, l’ancien président reste en lice. Il crie au complot, excipe de sa probité et prétend encore devenir notre nouveau président.

Fort heureusement, pour lui, Nicolas Sarkozy n’est ni brésilien, ni américain, ni suédois, ni même roumain. Chez nous, un responsable de cette trempe, on le chérit, on l’applaudit, on l’élit.

Plus personne ne devrait gober le mensonge

Pas un jour sans que l’une de ses saillies passées ou présentes ne défraie la chronique. Nicolas Sarkozy peut cracher sur ses anciens collaborateurs et ses adversaires à longueur de off, fulminer contre les journalistes "guévaristes" qui s’autorisent à lui poser des questions et changer d’avis comme de chemise sur des sujets mineurs comme le droit du sol, le réchauffement climatique ou l’appartenance de la France à l’Union européenne, rien n’y fait. Il court toujours.
"La politique est l'art de se servir des hommes
en leur faisant croire qu'on les sert."
Voltaire
 
Comme d’habitude, il n’a pas répondu. Comme d’habitude, il a préféré fuir ses responsabilités. Comme d’habitude, il a laissé ses sbires tempêter contre la supposée partialité du service public et dénoncer ce qu’ils considèrent comme une enquête à charge.
Mis en cause de façon simple et terriblement efficace par tout un lot de témoins, d’acteurs ou de fournisseurs de sa dernière campagne présidentielle. Tous ont démontré, factures et documents à l’appui et devant les caméras, le sidérant dérapage de ses comptes officiels, l’ancien chef de l’Etat continue de nier l’évidence, comme un enfant qui s’enferre dans le mensonge. Au lieu de cela, Nicolas Sarkozy continue de faire le malin sur les estrades et dans les colonnes des journaux. Il parle, ferraille et fanfaronne.
Pas un jour sans que l’une de ses saillies passées ou présentes ne défraie la chronique. Nicolas Sarkozy peut cracher sur ses anciens collaborateurs et ses adversaires à longueur de off, après avoir été reçu par Hollande à l’Elysée dans l’après-midi :
 "Alors, comment l’avez-vous trouvé ?
– De près, immonde, a-t-il répondu. Ses cheveux sont mal teints, il a l’air d’un ministre chinois. La graisse dégouline sous sa chemise, et, en dessous, il a des petites jambes d’enfant…"




Les médias français ont encore beaucoup à apprendre de la presse anglo-saxonne. Il faudrait l’acculer, ne plus l’inviter, refuser de lui tendre le micro tant qu’il n’aura pas répondu sur le fond. Insister, poser et reposer inlassablement les mêmes questions.. Qu’il vienne plutôt expliquer aux Français comment ses comptes ont défoncé le plafond de dépenses légal. Bref, qu’il assume, tout simplement.
La vérité, c’est que l’ancien président de la République n’ambitionne plus de sauver la France, mais de se sauver lui-même. Son retour n’est qu’une fuite en avant pour éviter de rendre des comptes. Jusqu’à quand ?

                                   Un bras de fer entre Nicolas Sarkozy et France Télévisions

Pour l'ancien président de la République, le timing, dans lequel intervient la diffusion du reportage, est mauvais. Selon Le Canard enchaîné, son entourage l'aurait bien fait comprendre à Michel Field, directeur de l'information de France Télévisions. L'équipe d'Élise Lucet aurait ensuite reçu "un message d'en haut : plus question de diffuser le sujet Bygmalion avant la fin de la primaire de la droite". Alors que Michel Field n'avait pourtant rien trouvé à redire à l'enquête en amont. Objet du bras de fer à l'époque : la présence de Nicolas Sarkozy dans L'Émission politique le 15 septembre dernier.

Remontée, Élise Lucet n'entend pas en rester là, "hurle à la censure, accuse Field (déjà soupçonné d'avoir cédé aux demandes de 
François Hollande dans Dialogues citoyens, ndlr) d'avoir cédé aux pressions de Nicolas Sarkozy" et se mobilise pour que le reportage soit diffusé lors de la soirée de lancement de la nouvelle formule d'Envoyé Spécial ce 29 septembre. Du côté du camp de Nicolas Sarkozy, on dément toute pression, "tout en s'interrogeant sur l'opportunité des choix de France 2, en pleine campagne des primaires". D'après Le MondeDelphine Ernotte, présidente du groupe France Télévisions, a tranché en personne et décidé de maintenir la programmation du reportage.

La faute à qui ? Aux médias fascinés par son show ? Sans doute. Mais à ce degré d’intoxication, c’est le corps social tout entier qui manque de défense immunitaire. Plus aucun citoyen français honnêtement informé ne devrait gober le mensonge. Plus aucun politicien normalement courageux ne devrait cautionner l’imposture.*

Elu en 2007, battu en 2012, Nicolas Sarkozy n’aurait même pas dû figurer dans la course de 2017. Les dirigeants de l’UMP qui lui ont remis les rênes du parti en 2014, sont les grands fautifs : comment ont-ils pu éponger les mécomptes de sa précédente campagne et s’en remettre à lui, sauf par instinct de soumission clanique ?

"Les affaires finiront par le rattraper et l’empêcher de se présenter", entend-on.

Mais c’est l’inverse qui se produit. Sarkozy, le Berlusconi des Hauts-de-Seine, n’est candidat à la présidentielle que pour se tirer d’affaires. Son fracassant retour en politique ne sert qu’à occulter son destin judiciaire. En avocat qu’il n’a jamais cessé d’être, maître Sarko inverse la charge de la preuve : si les juges lui cherchent des noises, c’est qu’il s’agit de le faire taire et même, en sa personne, de museler le peuple qu’il exprime si bien…

Foin de sondages ! Ce Tartuffe est déjà gagnant à tous les coups. Si Juppé remporte la primaire puis la présidentielle, il devra lui accorder une protection en contrepartie de son soutien. Bingo... Et rebingo ! 

Si Sarkozy réussit son hold-up sur la primaire, il sera lavé de tous les soupçons par l’onction démocratique. Un miracle. Mais si ce revenant magnifié parvenait à se faire réélire président à la faveur d’un malentendu, il redeviendrait intouchable comme le prévoit notre grandiose Constitution et pourrait se venger de tous ceux qui lui ont manqué.

 Ainsi va la Gaule !

Sylvain Courage









*Patrick Buisson n’est pas un exilé de la Sarkozie mais un inspirateur dont les idées n’ont jamais été aussi présentes dans le discours de l’homme qui rêve d’un second mandat. Le « roman national », c’est du Buisson ; les « racines chrétiennes », c’est Buisson ; « les Gaulois », c’est inspiré par Buisson ; l’idée que la droite va du Front national aux électeurs de François Bayrou, c’est Buisson ; « l’identité nationale », c’est Buisson ; « La France des oubliés », c’est Buisson ; « la périphérie plutôt que les banlieues », c’est Buisson ; « le peuple contre les élites », c’est Buisson…

La « bataille des idées » qui précède les conquêtes électorales, c’est encore du Patrick Buisson venu chercher ses sources dans les théories du philosophe communiste Antonio Gramsci…

Or ces idées, et même cette technique électorale qui consiste à « transgresser la pensée unique », atteignent en cet automne 2016 un niveau inouï, au sens étymologique du terme, dans la campagne de Nicolas Sarkozy. Le triomphe de Buisson est absolu au moment même où ses nouveaux ennemis tentent de l’excommunier, et sa descente aux enfers touche à la consécration.

 La contradiction entre la dénonciation du traître et la fidélité à l’inspirateur est si profonde que le Figaro la concède sans complaisance : « La rupture personnelle est peut-être définitive. Le débat politique, lui, est loin d'être clos, comme le prouvent les accents “buissoniens” de cette nouvelle


Christian Jacob, chef de file des députés Les Républicains, illustre ce propos, en le portant à incandescence. Il lâche une formule terrible dont le double sens, inconscient comme un lapsus, pourrait le faire frémir lui-même : « Ce qui vient du caniveau a vocation à finir dans une bouche d’égout. » Il se trouve que le « caniveau » c’était l’Élysée, de 2007 à 2012, et que la bouche d’égout, effectivement, a la gueule grande ouverte.le campagne sarkozyste. ». La députée de l’Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet estime que le pays « a besoin de visionnaires, pas de réactionnaires ». Jean-François Copé accuse par ailleurs Nicolas Sarkozy de vouloir échapper à la justice en se présentant à l'élection présidentielle. "Sa mise en examen n'est pas que technique, elle porte sur une vingtaine de millions d'euros, qui en réalité sont un détournement ! C'est une fuite éperdue en avant. [...] Il voudrait que vous l'élisiez pour ne pas aller au tribunal !"

Au fond, le portrait de Nicolas Sarkozy dressé par l’ancien conseiller Buisson dans La Cause du peuple (édité chez Perrin) n’apporte aucune révélation. Rien qu’on ne sache déjà sur ce faux dur, obsédé par son image, dévoré par l’immédiat, oublieux de ses engagements, envahi par la sphère privée, fanfaron, méprisant avec les hommes et les femmes qu’il promeut…

On sait tout sur ce Bismuth immature et mégalomane, ses foucades, son sens de la formule à l'emporte-Kärcher, ses financements, ses entourages mis en examen ou déjà condamnés. Et pourtant les éclaboussures de ce livre seront sans commune mesure avec tout ce qui atteignait jusqu’à présent l’image de l’ancien président. Pourquoi ? Précisément parce que c'est une sorte de document interne et qu'il confirme et « certifie conforme », d’une plume brillante et féroce, ce qui se disait déjà à l'extérieur du bastion assiégé, dans les textes ou les discours des adversaires de toujours de l’ancien président, ou d’une flopée d’anciens alliés ayant rompu les amarres.

jeudi 22 septembre 2016

Les Gaulois Ses ancètres ...

L’inénarrable barde

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Pour la prochaine cueillette du gui, notre inénarrable barde vient encore de frapper fort. Il a pris la serpe d’or pour tailler des croupières à l’Histoire, à la raison et à ses pauvres ancêtres. Voilà bien les principales victimes de la dernière saillie de « l’homme des marais putrides » (traduction de son patronyme dans sa langue d’origine).
Selon les uns, il aurait consommé une substance prohibée, fabriquée par un druide facétieux, pour les autres, ils serait tombé dans le tonneau quand il était petit, ce qui l’a empêché depuis de grandir et surtout de raisonner. Pour tous, il dépasse les Romains dans leur principale caractéristique : celle que ne cesse de répéter le brave Obélix.
Il nous avait déjà fait le coup de célébrer l’acte de naissance de Jeanne, la joyeuse pucelle qu’il convient de ressusciter à chaque crise nationale. Mais la donzelle a le défaut d’être frontalière, de sentir un peu trop le mouton, animal qu'il ne fait pas bon évoquer en ce moment. Alors, pour ne pas rejouer deux fois la même carte, notre champion des anachronismes, sort de sa manche Vercingétorix, l’autre atout majeur de gloire fictive.
Cette fois, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Son régime sans celte lui a tourné le peu d’esprit qui lui restait. Le voilà qui s’invente un nouvel arbre généalogique, lui le champion de la souche sans racine. Le voilà flanqué d’une tribu imaginaire, lui qui se rêve à nouveau chef, perché sur le bouclier de son immense gloire.

mardi 20 septembre 2016

"ancêtres Gaulois" : "Ce ne sont pas les ancêtres qui font une nation"


                              "Nos ancêtres les Gaulois", le mythe remonte à la IIIe République 
mais il n'a "aucun sens sur le plan historique",

L’histoire de France peut-elle être réduite aux Gaulois ?
Si ce n’était pas un ancien président de la République, ma réaction première serait de sourire. Mais c’est à la fois une manipulation et une méconnaissance de l’histoire.
La population française actuelle est le résultat d’un métissage permanent. Les plus anciens "français" sont les Homo erectus qui vivaient il y a 1,2 million d'années dans le sud de la France. Puis il y a eu les hommes de Neandertal auxquels se sont mélangés les hommes modernes arrivés en France il y a 40.000 ans. Nous avons tous en moyenne 4% de gênes néandertaliens. Après, les immigrants du Proche-Orient ont apporté l’agriculture et l’élevage il y a 8.000 ans. Et ça continue : les Grecs ont fondé Marseille en 600 avant notre ère, etc.
Puis, les Romains ont envahi la Gaule. Ils la décrivent d’ailleurs comme un territoire divisé en trois parties habitées de peuples qui n’avaient rien à voir les uns avec les autres avec des langues, des institutions, des cultures différentes. Ces trois régions étaient elles-mêmes divisées en une soixantaine de petits Etats qui se faisaient la guerre. Il n’y avait pas de sentiment national. Parler des "Gaulois" est donc une généralité.
Viennent ensuite les Francs, les Wisigoth, les Lombards, les Bretons, les Vikings, les Arabes, les Juifs expulsés d’Espagne…
Ce mélange permanent n’a jamais cessé. Réduire la France à "nos ancêtres les Gaulois" n’a aucun sens sur le plan historique.
La IIIe République fonde l’école gratuite laïque et obligatoire, mais elle veut aussi fonder un sentiment national. Il faut souligner que la IIIe République nait de la défaite de Sedan face aux Allemands, en 1870. Et, auparavant, la royauté et l’aristocratie s’étaient revendiqué des Francs. Donc par opposition, la IIIe République va se revendiquer des Gaulois qui ont comme elle été vaincus.
Aux 18e et 19e siècles, les élites françaises considéraient au contraire les Gaulois comme des sauvages et des barbares. Quand le musée du Louvre est construit, on y met des objets grecs et romains parce que ce sont les racines culturelles des élites françaises. On n'y met aucun objet gaulois.

"Nous sommes français, nos ancêtres les Gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais, et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes ...
Je reconnais que voici une phrase imprudente, c'est celle-là qui sera épinglée; qui incitera à dire, 'vous voyez bien, c'est le président de la République qui l'a dit'. Ils (les journalistes) me répéteront peut-être sans mettre exactement le même sens aux propos que je tiens." François Mitterrand


N'en déplaise aux chantres des droits du sang ou des droits du sol, l'adhésion aux principes républicains et la pratique de la langue nationale devraient être des critères suffisants pour appartenir à une même communauté politique.
La victoire des sans-culottes sous le moulin de Valmy, qui crient à pleins poumons
"Vive la nation !", marque bien la naissance de la nation française et va générer la république.
Cette idée de nation est chargée d'un sens suffisamment positif pour que le philosophe Kant et le poète Goethe voient dans ce cri fondateur l'annonce d'une ère nouvelle. Depuis lors, le mot nation est étroitement associé à l'idée de liberté et à celle d'indépendance ; c'est en référence à ces principes que furent constituées après les deux guerres mondiales, "la Société des nations", puis "l'Organisation des nations unies".
En 1871, les Communeux, héritiers des sans-culottes, fouettés dans leur patriotisme face à l'invasion prussienne, ont fait leur révolution communaliste qui s'est mutée en désir de fraternité pour l'avènement d'une république universelle.  
Autrement dit au "Vive la nation  !" de 1792 correspond le "Vive la Commune !" de 1871.
Aujourd'hui, la nation est-elle encore une entité pertinente à l'heure de la construction européenne et face aux défis de l'immigration ?