jeudi 5 janvier 2017

"Je vais mettre en œuvre le programme pour lequel je me suis engagé,



Après l'épisode de la Sécurité sociale, deux autres mesures de François Fillon font tiquer : le temps de travail et la suppression de 500.000 postes de fonctionnaires.

"Les finances publiques doivent être saines, 

le budget doit être équilibré,

la dette publique doit être réduite, 

l'arrogance de l'administration doit être combattue et contrôlée,

et l'aide aux pays étrangers doit être diminuée

 de peur que Rome ne tombe en faillite.

La population doit encore apprendre à travailler 

au lieu de vivre de l'aide publique"

Cicéron 55 av Jésus Christ
 
François Fillon a été élu à la primaire de la droite sur un programme ultra-libéral, radical et conservateur. Aujourd'hui, le champion de la droite dure découvre que ce n'est pas la même campagne, ni le même électorat qui ira aux urnes au premier tour de l'élection présidentielle.
Mais il reste droit dans ses bottes, comme il l'a prouvé lors de son passage sur TF1 mardi 3 janvier :
"Je vais mettre en œuvre le programme pour lequel je me suis engagé, le seul qui peut permettre le redressement national", "le plein emploi" et "la sécurité de notre pays". "Je vais remettre de l'ordre", mais "je suis gaulliste et chrétien, je ne prendrai jamais de décisions contraires au respect de la dignité humaine, de la personne et de la solidarité."


François Fillon, qui avait gagné neuf points d'opinions positives fin novembre dans l'euphorie de sa victoire à la primaire, en perd huit et retrouve son niveau du mois d'août à 31%, selon un sondage Harris interactive publié le 30 décembre. Dans cette enquête, c'est Emmanuel Macron qui caracole en tête, avec 41%.
Après l'épisode, calamiteux pour François Fillon, de la Sécurité sociale, l'équipe du candidat a bien conscience que d'autres mesures vont fâcher.                                                                                                           Travailler "jusqu'à 48h par semaine"
Ce sont quelques mots qui font taches. Dans le projet "Objectif plein emploi", François Fillon explique que les entreprises françaises     "sont pénalisées par les multiples impôts, taxes ou réglementations qui freinent leur développement, et donc l’embauche. Il faut agir avec vigueur dans les toutes premières semaines du quinquennat en 2017".
Une des premières mesures du candidat s'il s'installe à l'Elysée est de "supprimer la contrainte des 35 heures et laisser les salariés et chefs d’entreprise négocier librement la durée de travail hebdomadaire dans la limite des 48 heures posée par le droit européen".
Au sein des Républicains, plusieurs voix se font fait entendre dès le lendemain de l'élection du vrai candidat de la droite décomplexée. "Je ne soutiendrai jamais un programme que je trouve profondément injuste", déclare Henri Guaino, qui est entré en fronde. "Supprimer la durée légale, oui, ça me choque. Faire travailler 39 heures [dans la fonction publique, NDLR] pour les payer 37, oui ça me choque."
Même son de cloche chez l'eurodéputée Nadine Morano, mieux connue pour ses sorties sur la "race blanche". "Avec un programme comme ça, Philippe Séguin doit se retourner dans sa tombe", a-t-elle déclaré devant plusieurs collègues eurodéputés. "J’ai fait la campagne de 2007 quand on proposait de travailler plus pour gagner plus. Je ne ferai pas celle de 2017 en proposant de travailler plus pour gagner moins."
"Fixer, par la loi, à 48 heures le temps de travail maximum, c’est indéfendable "
Dans son document de cadrage financier, François Fillon explique vouloir diminuer la dépense publique de 100 milliards d'euros en cinq ans. Et d'ajouter, pour la fonction publique : 
"De façon transverse à l’ensemble des administrations publiques, le passage du temps de travail à 39 heures des trois fonctions publiques proposé dans mon projet permettra à terme de réduire le nombre de postes de fonctionnaires jusqu’à 500.000, contribuant de façon importante aux économies, avec un potentiel de l’ordre de 15 milliards d'euros."

Ce n'est pas "faisable en 5 ans", rétorque Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, qui a pourtant intégré l'organigramme de campagne du candidat. "Je peux concevoir que ça se fasse en dix ans. Ça fait partie de discussions ou de clarification", ajoute-t-il en lançant une mise en garde : il n'y aura "pas de victoire" sans prise en compte des valeurs portées par le centre.
Certains députés ont d’ailleurs fait remonter l’hostilité de leurs administrés lors d’une réunion des parlementaires Les Républicains à l’Assemblée nationale début décembre. Témoignage du président du conseil général de l'Ain, Damien Abad :
"Je me suis fait cartonner sur la suppression de 500.000 fonctionnaires et les 39 heures."

Paul Laubacher


vendredi 16 décembre 2016

Fillon ou Le Pen, le pari gagnant-gagnant du Kremlin





Une vraie collaboration étroite entre Fillon et Poutine se forme à l'époque où chacun d'eux est premier ministre de son pays respectif : entre 2008 et 2012.
Le candidat de la droite à la prochaine élection présidentielle l’a dit et redit, il faut parler avec tout le monde. Et cette généralisation inclut Vladimir Poutine, avec qui, selon la presse bien pensante et aux ordres (de la droite bien évidemment), François Fillon serait dans les meilleurs termes qui soient.

Selon Le Point, Poutine et Fillon se tutoient, sans que l’on sache si c’est en français ou en russe, mais qu’importe ce détail linguistique puisque « la presse aux ordres » est si heureuse de souligner que son nouveau champion est adoubé par le néo-tsar.
A l’occasion de la victoire de Fillon, lors du deuxième tour de la primaire de la droite et du centre, Poutine a même tressé des louanges à l’ex-premier ministre en parlant d’un « grand professionnel ».  Poutine a-t-il voulu rendre hommage au parcours d’un individu qui n’a jamais travaillé, c’est-à-dire qui n’a jamais vécu d’un salaire payé par une entreprise publique ou privée, mais  d’une indemnité d’assistant parlementaire puis de député, après avoir été suppléant, et enfin de ministre et de premier ministre ? Poutine a-t-il voulu dire que Fillon est un « grand professionnel » de la politique et de « l’assistanat » ? Auquel cas le projet de suppression de 500.000 emplois publics serait une forme d’expiation d’un passé coupable d’avoir toujours vécu des deniers publics, eux aussi. Par ailleurs, est-ce vraiment honorable et gratifiant d’être couvert d’éloges par un homme qui a confisqué la liberté et la démocratie dans son pays, qui a annexé la Crimée (une grande première européenne depuis Hitler), qui a généreusement participé au désordre qui règne en Ukraine et qui organise en Syrie le massacre de populations civiles tout en maintenant son boucher préféré au pouvoir ? 
Fillon n'a jamais trahi ses convictions pro-russes. Persuadé de la nécessité pour la France et pour l'Europe de prendre en compte les intérêts de Moscou, il était notamment contre le rapprochement de la Géorgie et de l'Ukraine avec l'OTAN. Aujourd'hui, il soutient sans réserve l'intervention russe en Syrie et insiste sur la levée immédiate des sanctions occidentales imposées à la Russie à la suite de son annexion de la Crimée et de son soutien – politique, économique et militaire – aux séparatistes du Donbass. 
En clair, cette position repose sur l'idée d'une répartition historique de sphères d'influence. Dans cette optique, il ne faut pas punir la Russie puisque, historiquement, l'Ukraine et tout l'espace post-soviétique font partie des intérêts russes.
 Fillon pourra toujours monter au créneau afin de lever les sanctions de façon unilatérale ou avec le soutien de quelques autres pays européens, comme la Hongrie ou l'Autriche La levée des sanctions contre la Russie pourra provoquer une profonde scission au sein de l'Europe "En cas de la victoire de Fillon, le tandem Berlin-Paris va éclater en ce qui concerne la Russie, et Merkel restera seule avec Varsovie et les Baltes. Une presque solitude". n'importe quelle excuse sera permise au nom de la Realpolitik. Et il ne faudra pas s'étonner si la Russie décide par la suite de renforcer ses positions en Ukraine, voire obtenir la chute du gouvernement issu de la révolution démocratique du Maïdan.
Pour le Kremlin, miser sur la victoire de François Fillon ou sur celle de Marine Le Pen – qui ont des positions similaires sur le régime russe – est un pari gagnant-gagnant.
De toute évidence, lorsque l’on entend la prudence rhétorique de François Fillon, on ne peut s’empêcher de penser que l’esprit de capitulation perdure et la descendance politique de Neville Chamberlain est assurée :
"Aider le régime de Bachar al-Assad qui, avec tous les défauts qui sont les siens, est sur le point de tomber".
"Je ne sais pas, je ne suis pas sur place."
"Attention au vocabulaire. Il ne faut pas utiliser des mots comme ça, sans pouvoir vérifier."
Peut-être est-il utile que François Fillon relise son histoire contemporaine, non pas son indéfinissable « récit national », mais simplement les faits qui marquent l’histoire du monde, et que, pour cela, il remonte à septembre 1938. C’est la période des historiquement lamentables et honteux accords de Munich, signés par le premier ministre britannique, Neville Chamberlain, le président du conseil, Edouard Daladier et le chancelier allemand Adolf Hitler. L’engagement mutuel était de travailler à préserver la paix, promesse hautement risible de la part des Nazis puisqu’elle intervenait six mois après l’Anschluss. D’ailleurs le jour où Chamberlain et Daladier ont quitté Munich ils ont appris par leurs services secrets respectifs que l’annexion de la Tchécoslovaquie était prête.
Plus recement, lors de leur premier tête à tête, agacé par l'assurance affichée par Nicolas Sarkozy le chef d'Etat russe ne l'aurait pas ménagé. Par ses remarques sur "les sujets qui fâchent" : la Tchéchénie et l'assassinat d'Anna Politovskaïa "inadmissible" aurait dit Nicolas Sarkozy.
La réponse de Poutine fut cinglante : 
"Bon alors je vais t'expliquer. Tu vois, ton pays, il est comme ça", lui aurait-il dit, mimant un petit écart avec ses mains. "Mon pays, il est comme ça", aurait-il poursuivi, écartant cette fois largement ses bras. 
"Alors maintenant, de deux choses l'une, ou bien tu continues sur ce ton et je t'écrase. Ou alors tu arrêtes de parler comme ça et tu verras. Tu viens juste de devenir Président de la France mais je peux faire de toi le roi d'Europe", lui aurait-il lancé, dans un discours ponctué d'insultes.
A sa sortie de ce premier entretien, le président français avait semblé dans un état second, que certains avait attribué à un abus d'alcool. A tort.

samedi 3 décembre 2016

Le bilan de 4 ans au pouvoir


"Quand il n'y a plus de fonctionnaires, il n'y a plus d'Etat,
Quand il n'y a plus d'Etat, il n'y a plus de France.
Il faut aussi en prendre conscience si l'on veut savoir vers quoi on veut aller ensemble"
François Hollande

Le bilan de 4 ans au pouvoir
QUI A FAIT CA?
(Surtout pas SARKO et son collaborateur F FILLON)

Qui a rétabli la formation des enseignants ?
Qui a mis en place des contrats d’Avenir ?
Qui a doublé la taxe sur les transactions financières ?
Qui a mis en place le Compte Pénibilité ?
Qui a promulgué la Loi sur le mariage et l'adoption pour tous ?
Qui a lancé la Loi sur le non-cumul des mandats ?
Qui a mis en place le Plan relance de l’apprentissage ?
Qui a baissé le quotient familial pour les ménages aisés ?
Qui a mis en place la prime d’Activité pour les 18 à 25 ans ?
Qui a créé la prime à l’embauche pour les PME ?
Qui a mis en place du Compte Personnel de Formation ?
Alors ? C’est la Droite ? C’est l’Extrême Gauche ? Continuons :
Qui a créé le Pacte de responsabilité de croissance pour les PME ?
Qui a revalorisé le RSA de 10% ?
Qui a permis le remboursement intégral de la contraception pour les 13-18 ans ?
Qui a augmenté de 25% l'allocation de Rentrée Scolaire ?
Qui a mis en place des contrats de Génération ?
Qui a créé la Banque Publique d’Investissement ?
Qui a rendu obligatoire la couverture complémentaire santé pour les salariés ?
Qui a plafonné le coût des services bancaires ?
Qui a revalorisé les bourses étudiantes et la bourse lycée ?
Vous avez un doute ? Alors je continue :
Qui a supprimé le bouclier fiscal ?
Qui a permis l’encadrement des stages pour empêcher les abus ?
Qui a accentué la lutte contre la Fraude Fiscale (21,2 milliards d'€ en 2015) ?
Qui a permis la prolongation du dispositif d'hébergement d'urgence jusqu'au 31 Mai ?
Qui a réduit le budget de l’Élysée (17.2 millions depuis 2012) ?
Qui a réduit le salaire du Président et des Ministres ?
Qui a créé 100 000 bourses d’études supplémentaires et 150 000 emplois d’avenir ?
Qui a Exonéré de charges les CDI pour les 18-25 ans ?
Qui a créé 20 000 logements étudiants supplémentaires ?
Qui a lancé le plan de recrutement de 60 000 postes dans l’éducation nationale ?
Qui a généralisé le tiers payant ?
Qui a imposé l’encadrement des loyers ?
Qui a revalorisé d’indice des fonctionnaires dès 2016 (gelé depuis 2010) ?
Qui a créé la garantie jeune généralisée aux moins de 25 ans (464€ par mois) ?
Qui a réduit le déficit des finances publiques (3,3% du PIB en 2016, contre 5,3% en 2011) ?
Qui a réduit le déficit de la sécurité sociale (6,6 milliards en 2015, contre 21 milliards en 2011) ?
Qui a réduit le déficit du commerce extérieur (45 milliards en 2015, contre 75 milliards en 2011) ?
Qui a permis le retour de la croissance : 1,1% en 2015 et 0.8% pour le premier semestre 2016 ?
Qui a fait que le pouvoir d’achat des ménages est en nette augmentation : +1,7% en 2015 ?
C’est une partie des réalisations de la gauche de gouvernement depuis 2012! …


François Fillon le candidat LR annonce sa volonté de faire, dès l’été 2017, un « Blitzkrieg » sur le code du travail, le temps de travail, l’assurance chômage et l’assurance maladie.
« Quand on voit ça… On ne peut pas dire que vous ne serez pas prévenus » « par un bulletin de vote, vous reculez directement au début des années 1900 »
Un Blitzkrieg, c’est une guerre éclair. C’est une guerre éclair sociale que prépare Fillon.
« Le climat qu’il veut changer, ce n’est pas celui qui est en train de se détraquer, c’est le climat des affaires. »
Le projet de François Fillon et de privatiser partiellement la Sécurité sociale, réservant le service public aux affections graves ou de longue durée
"Une famille dont les 3 enfants contractent à tour de rôle une angine l'hiver devra payer autour de 200€.
Pour une femme enceinte suivie tout au long de sa grossesse, ce sera 544€ - et encore, au tarif sécu actuel !
Une personne qui a de l'hypertension artérielle paiera désormais de sa poche 320€ par an.
Voilà quelques exemples, seulement, des frais nouveaux que les Français auront désormais à budgéter dans leurs dépenses courantes... Transférer l'intégralité des soins courants aux complémentaires-santé, comme il le propose, fera nécessairement exploser le montant des cotisations..."
« Personne ne lui a expliqué, à ce type, que si on est un peu malade, on se soigne et on ne sera pas plus malade, mais que si l’on ne se soigne pas, on devient très malade ? »
« Le traité de Lisbonne [traité européen qui a remplacé le projet de constitution européenne, rejeté en 2005 par référendum en France – ndlr], qui a fait ça ?
— Sarkozy !
— Qui était son premier ministre ?
— Fillon !
— Qui a ramené la France dans le commandement intégré de l’OTAN ?
— Sarkozy !
— Qui était son premier ministre ?
— Fillon !
— Qui a déclenché la guerre en Libye ?
— Sarkozy !
— Qui était son premier ministre ?
— Fillon !
Jean Luc Mélenchon


Henri Guaino :
- "Ce n'est pas parce que l'on va se prosterner à Colombey ou qu'on se revendique du gaullisme social que l'on exprime des choix politiques qui ont quelque chose à voir avec le Général de Gaulle ou Philippe Seguin"
- « Parler de modernité en invoquant Margaret Thatcher ou Gerhard Schröder est assez paradoxal. Il est un peu court de penser que l'on va emmener la France sur la voie de la prospérité et de la cohésion uniquement en diminuant le nombre de fonctionnaires, en sabrant aveuglément dans les dépenses publiques, ou supprimant les heures supplémentaires.
Ce que je discerne derrière tout cela, c'est peut-être le pire programme de casse sociale qui a été imaginé depuis 1944. Et ce n'est pas un homme de gauche qui vous dit cela. Est-ce bien le moment de jeter par-dessus bord notre pacte social, car c'est bien de cela dont il s'agit en fin de compte ?
Quand on explique que le programme du conseil national de la résistance est dépassé, et qu'il faut lui tourner le dos parce que nous sommes au XXIe siècle, il s'agit bien de détruire le pacte social français, la sécurité sociale, qui a été forgée au moment de la seconde guerre mondiale.

Penser que c'est de la faute de la sécurité sociale, de la protection sociale si le pays est dans cet état, est ravageur pour notre ordre et notre cohésion sociale et ne tient pas debout : ce sont les politiques économiques absurdes qui minent la protection sociale et non la protection sociale qui détruit l’économie ».