mardi 5 février 2019

Ce livre « GiletsJaunes l'imposture »

Vient de sortir un livre sur le mouvement des gilets jaunes : Gilets jaune l’imposture. L’auteur se veut le porte parole de ceux à qui les média n’ont justement jamais donné la parole. Il a constaté par exemple qu’en mille occurrences d’articles du journal Le Monde, pas une seule fois un citoyen lambda, pas un milliardaire, ni un gros bourgeois, juste un modeste, n’a eu droit à une ligne. Ce fut pareil dans les chaînes en continu.
Les chiffres sont têtus et sans l’invraisemblance complaisance et l’étourdissante masse d’information concernant les gilets jaunes leur poids politique aurait dû être au niveau de leur poids numérique c’est-à-dire médiocre. Les sondages de soutien ne disent rien en démocratie. Soit ce sont les urnes soit c’est un nombre suffisamment important dans la rue pour l’être (au minimum un million de personnes, si ce n’est 2). Lorsque les sondages donnent un pourcentage de soutien, cela ne donne aucune légitimité car ce soutien n’est pas transposable dans l’élection qui est le seul baromètre démocratique et ce baromètre dit, avec aussi des sondages, qu’en cas d’élection, là où ce n’est plus la même, là où il y a le choix et la concurrence, ces fameux gilets jaunes naviguent autour des 10 % là où tombent les Insoumis.
Des comparatifs sont nombreux dans le livre. Voici quelques chiffres qui laissent pantois quant à l’imposture de l’importance de ces gilets jaunes à commencer par la plus grande manifestation qui n’a rassemblé que 0,6 % des électeurs. 
Le samedi 11 janvier il y avait 84 000 gilets jaunes, manifestations dont une partie était illégale, dans toute la France, chiffres présentés comme un accroissement significatif et donc comme une grande mobilisation. Doit on rappeler que c’est moins d’un tiers que la première manifestation que c’est la moitié de la deuxième, les deux étant déjà d’un score faible ? Pouvons-nous faire de simple comparaisons ?
- Bourges, le 11 janvier 2019, 5 000 manifestants alors que l’agglomération compte 97 000 habitants, sachant que l’appel hyper-médiatisé de cette manifestation couvrait toute la France, puis que ce devait être le centre de la France, rappelons que selon les sondages il y avait 70 % de soutien au début (55 % score lorsque ce livre a été écrit), 15 % de certains d’aller à une manifestation, donc 5 % des habitants de l’agglomération qu’est-ce que cela vous inspire ? Allons plus loin. Le Printemps de Bourges réunit 80 000 spectateurs soit 16 fois cette manifestation et encore il faut payer et ce n’est un attrait que pour les amateurs de musique classique, donc une frange faible de la population.
- Paris, le 11 janvier 2019, 8 000 manifestants. Rappelons que le stade de France peut contenir 80 698 places assises ce qui veut dire que les gilets jaunes n’auraient rempli que 10 % du stade de France (10 % !), que cela représente seulement 0,1 % de l’agglomération parisienne (0,1 % !), qu’il aurait juste fallu se tasser un peu pour que tous les gilets jaunes de France de ce samedi pour qu’ils y rentrent, que Johnny Halliday a rempli ce stade de France avec 210 000 spectateurs en 1998 (oui, petit mot pour les complotistes, c’est plus que les places assises, on est aussi debout sur la pelouse) soit 22 fois ce qu’ont fait les gilets jaunes, que ce même Johnny a rempli le Champ de mars entre 700 000 et 1 million de spectateurs pour le 14 juillet 2009 soit 90 fois au moins la mobilisation des gilets jaunes.
- Dans toute la France 84 000 manifestants le samedi 11 janvier 2019 c’est 12 % de ce qu’a fait Johnny au champ de mars et moins de la moitié de son concert au Stade de France, 12 % de la première manifestation pour Charlie Hebdo suite aux attentats et 2 % du week end d’hommage aux victimes (4 millions), ajoutons que ce week end a réuni quatre fois ce qu’ont fait les gilets jaunes en 9 manifestations, alors que ce week end a été organisée dans un temps extrêmement court. Rappelons que la manifestation de la manif pour tous qui a été considérée par la majorité des élus comme non représentatif alors qu’elle a réuni peut-être deux ou trois fois ce qu’a réunira première manifestation des gilets jaunes.
- Rappelons enfin ces chiffres qui devraient enfin mettre les yeux en face des trous des commentateurs. En 1984 il y a eu une manifestation le 24 juin à Paris de 850 000 personnes (2 millions selon les organisateurs) c’est-à-dire 100 fois ce qu’ont représenté les gilets jaunes à Paris et 10 fois dans toute la France. Il s’agissait de manifester contre la loi Savary et cette manifestation n’avait certainement pas 70 % de soutien dans la population. Où est donc l’erreur, d’un côté une manifestation uniquement à Paris qui fait 100 fois celle des gilets jaunes dans la même ville, qui fait plus de 3 fois celle du premier jour dans toute la France, et l’on voudrait que les gilets jaunes soient le peuple ? Mais les chiffres sont encore plus terribles si l’on regarde les manifestations qui ont précédé celle du 24 juin :
À Bordeaux, le 22 janvier 1984, environ 60 000 manifestants se sont rassemblés, alors que la décision de manifester n'avait été prise que deux semaines auparavant. Gilets jaunes 4 à 6 000 (7 à 10 %). Une seule ville fait plus que chacune des manifestations 7 et 8 de toute la France.
À Lyon, le 29 janvier, entre 100 à 150 000 manifestants se sont rassemblés. Gilets jaunes 400 le premier jour, quelques milliers les autres fois soit entre 0,4 à environ 1 %. Cela ne vous dit rien ? Une seule ville fait plus que chacune des manifestations 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 de toute la France.
À Rennes entre 200 et 250 000 le 18 février . Gilets jaunes moins de 1 000 soit au plus 0,5 % ! Une seule ville fait plus que chacune des manifestations 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 de toute la France
À Lille entre 250 000 et 300 000 le 25 février. Gilets jaunes 5 000 soit 2 % ! Une seule ville fait plus que chacune des manifestations (1 ?), 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 de toute la France
À Versailles, le 4 mars, plus de 500 000 personnes pour la police (800 000 pour les organisateurs, près de 600 000 pour le quotidien Le Monde). Gilets jaunes quelques centaines à un millier soit au plus 0,2 % ! Une seule ville fait plus que chacune des manifestations 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 de toute la France
Les études sociologiques ont montré que la majorité des gilets jaunes n’est pas de ceux qui souffrent le plus. Le nombre n’est déjà pas en mesure de légitimer ce mouvement, et en plus que lui-même n’est pas représentatif des plus démunis, leurs leaders qui se déchirent sont encore moins représentatifs. Le paradoxe, quoique, c’est que ce mouvement est mené à la baguette (avec menaces de mort par exemple quand six des huit représentants éphémères ne sont pas allés discuter avec le gouvernement justement à cause des menaces de mort) par des complotistes et ou sympathisants de l’extrême droite soutenus publiquement par des politiques de la gauche dure. Mélenchon qui est fasciné par Drouet !
Ce mouvement ne pouvait pas être autre chose qu’intrinsèquement violent pour trois raisons :
- La colère initiale et durable
- Le feu attisé par les leaders politiques et ceux du mouvement
- Le blocage illégal et initial de la libre circulation des personnes. C’est une violence initiatrice que le blocage soit calme (empêcher la libre circulation est bafouer une des liberté fondamentale des démocraties) ou violente comme ce fut très souvent le cas.
Cette violence que la presse aurait découvert le samedi 11 janvier était là depuis le début : les menaces de mort même au sein du mouvement fin novembre, des journalistes déjà agressés, en six semaines ce ne sont pas moins de 50 parlementaires qui ont subi des violences verbales (menaces de mort, de viol), avec des permanences vandalisées, murées, certaines de leur voiture brûlées, des résidences murées ou vandalisées), et Marlène Schiappa qui a été elle aussi menacée de viol, de meurtre, de torture, insultée (la pute à Macron, une bouche à tirer des pipes etc.).                                                                                                                                                  Cette violence est confirmée par Priscillia Ludovky dans un message Facebook du 14 janvier 2019 effacé depuis : « Je suis enfin libre de pouvoir dire que je ne travaille plus avec Eric Drouet depuis des semaines en raison de son comportement et je compte quand tout sera terminé expliquer tout ce qu'il a pu faire pour nuire au mouvement. » Vous noterez qu’elle parle de ne plus travailler avec lui depuis des semaines. Et voilà un complément d’information : « Depuis des semaines (témoignages à l'appui) nous subissons son comportement, nous recevons ses menaces et aujourd'hui je suis personnellement attaquée et ça je ne l'accepte pas […] il n'y a pas de place pour l'intimidation et les menaces, les mensonges et le harcèlement au sein des "gilets jaunes". ». Vous remarquerez plusieurs choses, outre le fait que cette représentante des gilets jaunes fut autrefois banquière (ce que haïssent ces gilets jaunes, la banque), c’est que cela dure depuis longtemps, qu’elle se dit « enfin libre » ce qui veut dire en négatif qu’elle était prisonnière dans ce mouvement, qu’il y a de l’intimidation, des menaces et du harcèlement, mais aussi qu’elle est mignonne Priscilla Pudovsky, car elle ne le dénonce que parce qu’elle est elle-même attaquée. Avant ce n’était pas grave, ce n’était pas utile de le dénoncer.
Le Président de la République a vu sa légitimité mis en doute par ceux qui ne représentent que 0,6 % des inscrits et qui de fait n’ont strictement aucune légitimité, par des élus qui ont eu moins de voix que lui au premier tour (Dupont-Aignant, Mélenchon l’intouchable, et Le Pen poursuivie pour fraude fiscale, détournement de fonds publics, financement électoral illégal) et qui de cet autre fait sont d’évidence encore moins légitimes. Cette remise en cause du Président de la République (c’est la fonction qu’il défend et non l’homme) et des députés élus est bien évidemment une remise en cause de la démocratie française. Il ne s’agit pas là de grands mots ou d’agiter des spectres mais tout simplement de se référer à une légitimité infiniment plus solide que celle des gilets jaunes qui est celle de la Constitution qui détermine les modalités des élections et cette Constitution a été votée par plus de 80 % des votants mais surtout plus de 65 % des inscrits qui fait qu’elle s’oppose frontalement à une infime minorité de 0,6 % des inscrits (soit 1 % seulement des votants qui ont adopté la Constitution) qui ne peut en aucun cas se présenter comme le peuple. Est ceci ne vous dit rien : entre 35 000 et 282 000 personnes dans la rue et 31 123 483 électeurs qui ont voté oui à la Constitution ? Les élus de la république sont légitimes du fait de leur élection selon des règles démocratiques approuvées par le peuple à une majorité écrasante, à savoir le scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour le président et les députés.
Il faut aussi connaître qui sont les leaders et un article du NouvelObs éclaire sur deux d’entre eux le complotiste Fly Rider et Eric Drouet. Ils ont volontairement effacé leur historique de Facebook mais on peut retrouver sur les autres sites leur likes et on découvre alors leur affinité pour l'ex Front National et Marine Le Pen. Ce Drouet fascinant Mélenchon. Un sondage nous dit que 23 % des sympathisants Insoumis verraient bien un rapprochement avec la Marine nationale et 50 % du marins nationaux l'accepteraient volontiers. Drouet qui a déclaré qu’il fallait que cela pète chaque week end et qui a bien rendu cocus tous ses soutiens politiques quand il a avoué avoir tout fait (et évidemment des actes illégaux) pour se faire arrêter. Ils ont eu l’air malin ces soutiens. Il a même usé d’une honteuse et minable manœuvre pour faire croire par son avocat que c’était en fait pour mettre des bougies à la place de la Concorde en l’honneur des blessés et des morts qui il y a eus lors des diverses manifestations. Il a donc osé utiliser la peine et la douleur pour faire son petit coup. Voici pour compléter le tableau des mots doux de Fly Rider celui qui dit que le pacte de Marrakech allait faire entrer en Europe 480 millions de migrants 
« Beaucoup de gens dans ce mouvement sont prêts à perdre la vie pour que notre futur soit meilleur. Des gens préparent un soulèvement national avec des armes. » « Il y a des gens qui se préparent à être beaucoup moins pacifiques, voire plus du tout être pacifiques » « Manu, il y a des gens qui ne lâcheront pas, ils ne veulent plus être pacifistes car ils ont vu que tu as envoyé des flics taper leurs gosses, leurs grands-mères, leurs grands-pères, leurs frères, leurs sœurs… des flics qui ont tué des gens. »                                                                  Non seulement il appelle à prendre les armes mais en plus il tient des propos diffamatoires et insoutenables accusant la police de tuer des gens. Il est incompréhensible qu’il n’ait pas été encore mis en examen pour de telles paroles. Parlons aussi de celui qui veut que l’armée prenne le pouvoir, de celui qui fut candidat aux élections municipales sur une liste nationale, de celle qui parle avec les morts, de celui qui est le représentant de Dupont-Aigan, de celui qui a été obligé de démissionner de l’ex-FN car il était en instance d’exclusion pour propos racistes, (exclu du FN il faut en faire pour l’être), de celui qui a fait la couverture de Paris Match alors qu’il a fait un an de prison pour ses propos antisémites.
Ce mouvement est une imposture dopée par des media qui, le regard humide et énamouré, ont eu une espèce de nostalgie romantique de la Révolution quand les leaders eux voyaient celle de 1793. Ce regard biaisé a fait croire que nous avions dans la rue les damnés de la terre, comme ces enfants de la fin du XIX ère siècle de 12 ans travaillant 10 heures par jour, sept jours sur sept, sans congés, sans retraite, sans sécurité sociale, sans école, avec un brouet pour tout repas. Aujourd’hui qui peut comparer ceux qui font 35 heures par semaine, 5 semaines de congés payés, les jours fériés, la retraite à 62 ans, la sécurité sociale, l’éducation quasi gratuite, le droit au chômage à ces enfants ? Dans les 30 derrières années le pouvoir d’achat a pris 55 %.  Dans les 10 dernières années le pouvoir d’achat n’a pas stagné mais progressé. Ce qui a stagné est dû à un fait de société, à des décisions individuelles. Ce qui a stagné c’est le pouvoir d’achat par unité de consommation, or ces unités ont augmenté plus vite que le pouvoir d’achat car le nombre de séparations de couple ou de dé-cohabitations, donc la constitution de cellules monoparentales ou esseulées, a augmenté. La vie séparée coûte plus chère que la vie en en commun. Ce dont donc des décisions individuelles de séparation (voulues ou contraintes et parfois tragiques) et non une volonté des pouvoirs ni des mécanismes politiques ou économiques volontaires qui en sont la cause.
Ce mouvement aura un coût financier et social très important : 50 000 personnes au chômage technique, de nombreuses petits sociétés de transport au bord de la faillite, de petits commerçants, des produits périssables perdus, des dégâts considérables et du chiffre d’affaire perdu (on peut parler globalement de 1 à 2 milliards), une baisse du PIB, une image considérablement détériorée à l’étranger avec des conséquences désastreuses pour le tourisme (créateur d’emplois et de richesses, une des rares activités que l’on ne peut délocaliser). Quelle finesse d’analyse des leaders des gilets jaunes appelant au blocage et à la violence comme si la casse allait améliorer la situation. Quelle corrélation entre tous ces dégâts extrêmement importants et la résolution des problèmes évoqués ?
Enfin ce mouvement est vidé de son sens dès l’instant où les taxes sur le carburant, et alors que son prix a baissé (dû reste, compte tenu de l’augmentation du pouvoir d’achat et de l’inflation au moment du déclenchement de ce mouvement, il était au plus haut en 2018 - le comble - 10 % moins cher qu’en 2012 ! Et il n’y a pas eu de révolution en 2012 contre ce prix du carburant plus élevé), ne vont pas augmenter, que dix milliards ont été débloqués, que le débat est engagé. C’est maintenant de l’auto-allumage. Manifester pour manifester. Il y aura toujours la possibilité de recommencer après la période de débat. Toutes les manifestations postérieures aux mesures prises et à l’annonce du débat prouvent la mauvaise foi des gilets jaunes.

mardi 29 janvier 2019

« Nous sommes le peuple »… Les manifestants de samedi dernier répètent leurs exigences : briser ou à tout le moins diminuer les limites juridiques que  la Constitution pose face à la démocratie illimitée !
    « Nous sommes aussi le peuple »…Parmi les contre-manifestants  de dimanche, Il y en a bien quelques-uns qui seraient prêts à limiter la liberté de manifester des premiers !Les seconds reprochent aux premiers leur « populisme ». Les premiers reprochent aux seconds leur « libéralisme » : vous nous trompez avec votre défense des formes de la représentation et des lenteurs de l’esprit constitutionnel.
    C’est étrange. Dans « libéralisme », il y a liberté. Dans « populisme », il y a peuple. Et les deux mots sont devenus péjoratifs…
    C’est le signe qu’un écart tragique se creuse entre le libéralisme et la démocratie. 
    La démocratie doit pourtant être libérale : le partage entre les différentes forces qui cherchent le pouvoir passe par l’exercice des libertés.
    Et elle a vite fait de devenir libérale et de revenir au despotisme. Car le despotisme n’est pas le contraire de la démocratie, il peut en être un des avatars. Il n’est pas besoin d’aller en Europe centrale. La France a connu plus d’une fois des pouvoirs qui, élus par les citoyens qui leur abandonnaient leurs libertés, pouvaient  affirmer : «  Je suis le peuple. »  

dimanche 27 janvier 2019

Pour faire une contribution au Grand Débat, voici quelques idées



Modification de l’Article 6 de la constitution : 
Retour à un septennat unique pour les présidents élus au suffrage universel, il ne pourra pas exercer plus d’un mandat consécutif.
Le Conseil constitutionnel est une institution française.  Le mandat des membres nommés est d'une durée de neuf ans et ne peut être renouvelé, ce qui contribue à assurer leur indépendance. Le Conseil constitutionnel est renouvelé par tiers tous les trois ans. Membres nommés par :
-       1 membre nommé par le Président de la République
-       1 membre nommé par les Présidents des chambres parlementaires
-        1 membre nommé par les Présidents des deux principaux groupes parlementaires                                                                                        
Le Conseil constitutionnel constitue aujourd’hui, au sein des institutions de notre République, un rouage essentiel de l’équilibre des pouvoirs il ne confisque nullement le pouvoir du peuple souverain, mais se borne seulement à « censurer une incompétence qui a consisté à vouloir prescrire en la forme législative ce qui n’aurait pu l’être qu’en forme de révision constitutionnelle.

Organisation de l’état :

-        La Chambre des Députés 1 député élu par sous-préfecture (232 sous-préfectures) + 2 pour les français de l’étranger pour une durée de 5 ans. élus au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour une durée de cinq ans. (577 depuis les élections de 1986)
-        Le Sénat, doit regrouper la chambre haute du Parlement français et le Conseil économique, social et environnemental constitué par un sénateur par département (101 départements) + un conseillé  Conseil économique et social par région, élus au suffrage universel indirect, par un collège de « grands électeurs » pour une durée de 7 ans. (348 depuis les élections de 2001)
Election ayant lieu à mi-mandat des présidentielles.

-        Un seul mandat pour un élu national, député, sénateur, conseillé régional ou Maire et deux dans le temps sauf pour des communes de moins de 5000 h.
-        Les prétendants devant signaler avant l’élection le seul mandat qu’ils garderont suite à leur  élection.
-        Les élus ne peuvent être élus que dans la circonscription, ou la commune de leur résidence principale Ne peuvent se présenter comme dans la fonction publique, que s’ils disposent d’un casier judiciaire vierge.

Un régime des retraites indexées sur celui de la fonction 

publique, indemnités assurance chômage du régime salarié,

Sur la base  antérieure à son élection.


Si le RIC est accepté maximum de deux référendums par an 

(1 de niveau national + 1 de niveau local régional).

Le référendum de portée nationale peut être demandé par 
un quorum minimum de 10 % du corps électoral National + 10 représentants des deux chambres.




vendredi 25 janvier 2019

«Que dirait Macron si Mélenchon se proclamait Président après une manifestation ?»


«Que dirait Macron si Mélenchon se proclamait
Président après une manifestation ?»
(JLM n'était que 4ieme aux élections présidentielles)
Dans les rangs de La France insoumise, la chaotique situation vénézuélienne fait réagir. Jean-Luc Mélenchon a notamment dénoncé «un coup d'Etat d'extrême droite»
En France, lorsqu’on aborde la situation politique du Venezuela, forcément, à un moment ou un autre il est question de Jean-Luc Mélenchon. Le leader de La France insoumise (LFI) n’a jamais caché ses liens avec l’ancien président de la République, Hugo Chávez, une «source d’inspiration». Le député des Bouches-du-Rhône s’est rendu à plusieurs reprises à Caracas. «Ce qu’est Chávez ne meurt jamais. C’est l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste, de la révolution», explique-t-il le lendemain du décès d’une des plus grandes figures sud-américaines des dernières décennies, en 2013.
Avec son successeur, Nicolás Maduro, c’est une autre histoire : un double jeu. Il a pris ses distances avec le régime, terminé les stages d’observations à Caracas, sans condamner publiquement la répression et la crise politique qui poussent des milliers de Vénézuéliens à s’exiler loin des leurs.
Pas question pour lui de crier avec la «meute». Jean-Luc Mélenchon explique à qui veut l’entendre que la situation est «complexe», qu’il n’y a pas d’un côté les gentils et de l’autre les méchants «Rapport très fort avec le peuple»


Lorsque Juan Guaido, le chef du Parlement du Venezuela, s’est autoproclamé président par intérim du pays, les regards se sont tournés à grande vitesse vers La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon a très vite réagi. «Une tentative de coup d’Etat en violation de tous les principes admis jusque-là dans le monde après une élection».
Alexis Corbière, s’est replongé un instant dans le passé afin d’évoquer «l’inspiration» Chávez qui avait un «rapport très fort avec le peuple». Sur la situation actuelle, le député insoumis refuse de rentrer dans les «détails». «Trop long, trop compliqué». Il souffle seulement que le «coup d’Etat» n’est pas «légal» et qu’il risque de «déstabiliser toute la région». Comme souvent, La France insoumise en veut à Emmanuel Macron, cette fois elle lui reproche sa prise de position. Le président de la République a salué «le courage» des Vénézuéliens qui «marchent dans la rue» après l’élection «illégitime» de Nicolás Maduro lors de la dernière présidentielle, en mai 2018.
Dans la foulée, Jean-Luc Mélenchon lui a répondu : «Macron approuve la remise en cause de l’élection présidentielle… et encourage ceux qui manifestent contre le président élu pour le destituer, a-t-il commenté avant d’ajouter : Pas en notre nom ! Car pour Macron une élection démocratique est illégitime et un coup d’Etat d’extrême droite soutenu restaure la démocratie. C’est trop.» Eric Coquerel interroge : «Que dirait Macron, si après une grande manifestation, Jean-Luc Mélenchon se proclamait président ?»
Rachid Laïreche


jeudi 24 janvier 2019

Présidents, ministres, parlementaires : de quels avantages

Présidents, ministres, parlementaires : de quels avantages bénéficient les politiques à la fin de leur mandat ?

Franceinfo a épluché les textes de loi en vigueur et interrogé des spécialistes pour dresser la liste des avantages dont bénéficient les principales figures politiques de la République une fois leur mission terminée.
"Marre des politiciens de carrière", dans le Nord ; "abolition des privilèges",dans les Bouches-du-Rhône ; suppression d'"avantages scandaleux", en Ille-et-Vilaine... Dans les cahiers de doléances mis à disposition dans le cadre du grand débat national voulu par Emmanuel Macron pour répondre à la crise des "gilets jaunes", la dénonciation des privilèges accordés aux responsables politiques nationaux revient presque systématiquement.
A l'image d'un message laissé à la mairie de Martigues (Bouches-du-Rhône), et relayé par le site Marsactu, certains se demandent même "pourquoi les présidents, ministres, députés continueraient à toucher des prestations après la fin de leur mandat". De quoi s'agit-il exactement ? Pour le savoir, franceinfo récapitule les avantages dont bénéficient les principales figures politiques de la République une fois leur mission terminée.Combien touchent-ils ? En vertu d'une loi datant de 1955, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande bénéficient chacun d'une "dotation annuelle d'un montant égal à celui du traitement indiciaire brut d'un conseiller d'Etat". Ce qui représente 6 220,96 euros bruts par mois. La loi ajoute qu'en cas de décès, la moitié de cette somme continue d'être versée au conjoint. Si les deux époux meurent, les enfants du couple présidentiel continuent de bénéficier de la moitié de cette dotation jusqu'à leurs 18 ans.
Précision importante : cette dotation officielle s'ajoute aux éventuels autres revenus des anciens chefs de l'Etat, dont les retraites pour lesquelles ils ont précédemment cotisé pendant leur carrière. Interrogé par franceinfo, René Dosière, ancien député de l'Aisne (PS), spécialiste de la gestion des finances publiques et fondateur de l'Observatoire de l'éthique publique, déplore l'existence de cette enveloppe spécifique aux anciens chefs de l'Etat, et la juge "archaïque" "Depuis 2008, la rémunération du président est fixée par la loi. Il aurait été opportun de moderniser ce système et de fixer sa retraite dans les mêmes conditions que la fonction publique."
Une autre source de revenus peut faire bondir la rémunération des anciens pensionnaires de l'Elysée : le Conseil constitutionnel, dont ils sont membres de droit jusqu'à la fin de leur vie. En y siégeant, les anciens présidents de la République peuvent toucher un traitement de 12 000 euros mensuels environ. Ce cumul ne concerne en fait qu'un seul ancien président : Valéry Giscard d'Estaing. Jacques Chirac ne siège plus à cette juridiction, depuis mars 2011, Nicolas Sarkozy, depuis janvier 2013, et François Hollande n'y a jamais siégé.
La réforme constitutionnelle souhaitée par Emmanuel Macron doit mettre fin à la possibilité pour les anciens chefs de l'Etat de siéger au Conseil constitutionnel, mais elle a été reportée à de multiples reprises depuis le début de l'affaire Benalla. Selon Le Monde, l'examen du texte devrait désormais attendre la fin de la concertation nationale entamée mi-janvier.
Ont-ils d'autres avantages en nature ? Oui, mais jusqu'en 2016, il n'était pas aisé de les connaître. La liste des privilèges matériels accordés aux anciens présidents n'était alors rapportée que dans une simple lettre adressée en 1985 par Laurent Fabius, alors Premier ministre, à Valéry Giscard d'Estaing. Ce document étonnant a été récupéré et publié en 2010 par René Dosière.

Le décret signé par François Hollande en octobre 2016 apporte une transparence sur le sujet. Ce texte prévoit que les anciens présidents disposent à leur sortie de l'Elysée de locaux "meublés et équipés, dont le loyer, les charges et les frais généraux sont pris en charge par l'Etat". Les frais de déplacement liés à leur fonction d'ancien président leur sont également remboursés, ainsi qu'à un de leurs collaborateurs.
Pendant les cinq années qui suivent la fin de leur mandat, les ex-présidents disposent de sept collaborateurs rémunérés par les services du Premier ministre, ainsi que de véhicules et de chauffeurs mis à disposition par le ministère de l'Intérieur "dans le cadre de la protection dont ils bénéficient". Au terme de ces cinq ans, le nombre de collaborateurs est réduit à trois.
Cette clarification n'empêche pas certaines zones d'ombre de persister. Le décret ne prévoit pas de budget maximal consacré aux locaux des anciens pensionnaires de l'Elysée, et ne précise pas si ceux-ci peuvent y loger ou non, relève Matthieu Caron, maître de conférences en droit public à l'université de Valenciennes et directeur général de l'Observatoire de l'éthique publique. "On ignore également si la lettre de 1985, qui avait valeur de décret et qui prévoyait un certain nombre de dispositions pour transférer une partie de ces avantages matériels au conjoint de l'ancien président en cas de décès, a été abrogée", note aussi ce spécialiste interrogé par franceinfo pour qui le décret de 2016 doit être considéré comme un "premier pas", mais reste "insuffisant".

Les anciens ministres

Combien touchent-ils ? Pour les anciens ministres, la situation est plus simple. Jusqu'en 2013 et la promulgation de la loi sur la transparence de la vie publique, ministres et secrétaires d'Etat quittant le gouvernement bénéficiaient, durant six mois, d'une indemnité équivalente à leur ancien salaire. Désormais, cette indemnité n'est versée que pendant trois mois. Conformément à la promesse de campagne de François Hollande, qui a diminué de 30% la rémunération du président de la République et des ministres après son élection, elle s'élève à 9 940 euros bruts par mois pour un ministre, et à 9 443 euros bruts pour un secrétaire d'Etat. Cette somme s'élève à 14 910 euros bruts pour le Premier ministre, dont le poste présente la même rémunération que celle du président de la République.

"Cette durée de trois mois signifie que contrairement à un travailleur classique qui peut toucher jusqu'à deux ans d'allocation après avoir perdu son travail, les anciens ministres n'ont pas d'assurance chômage. L'indemnité cesse d'ailleurs d'être versée dès que l'ancien ministre reprend une activité professionnelle", souligne Matthieu Caron. Les ministres qui travaillaient dans la fonction publique avant de faire leur entrée au gouvernement retrouvent ainsi automatiquement leur corps d'origine et ne bénéficient pas de ces trois mois d'indemnisation, tout comme les parlementaires qui reprennent automatiquement leur siège à l'Assemblée ou au Sénat un mois après avoir quitté leur poste.
Reste qu'être nommé ministre lorsqu'on est fonctionnaire de carrière a longtemps été synonyme de bonne affaire une fois l'heure de la retraite arrivée. Avant la loi de 2013, un fonctionnaire devenu ministre n'était en effet considéré que comme "détaché" de son administration d'origine : en plus de cotiser pour sa retraite en tant que membre du gouvernement, le ministre continuait à le faire en tant que fonctionnaire, et sa progression dans les échelons de rémunération n'était pas freinée. Désormais, un fonctionnaire devenu ministre est considéré comme étant en disponibilité auprès de son administration d'origine, et l'avancement de sa carrière comme ses droits à la retraite ne reprennent leur cours que lors du retour au métier d'origine.
Dernier point : depuis 2013, un ancien ministre n'est plus libre d'aller travailler où il le souhaite une fois libéré de ses fonctions. Pendant les trois ans qui suivent son passage au gouvernement, il doit en effet saisir la Haute autorité pour la transparence de la vie publique à chaque fois qu'il souhaite exercer une activité dans le privé. Cette autorité administrative délivre un avis contraignant. Elle peut par exemple interdire à un ancien ministre de l'Environnement de faire profiter de son réseau à un géant mondial des pesticides, en échange d'une importante rémunération.
Ont-ils des avantages en nature ? Non, ou presque. Tant qu'ils sont en poste, les ministres ont droit à un logement de fonction dans le parc domanial (c'est-à-dire qui appartient à l'Etat), ou au sein du parc privé si le logement proposé initialement n'est pas adapté à la famille du ministre. Mais sitôt leur poste quitté, les ex-membres du gouvernement doivent s'empresser de préparer leurs cartons : ils disposent d'un mois de préavis s'ils logent dans le parc privé, souvent moins s'ils avaient pris leurs quartiers dans leur ministère.
Seuls les anciens locataires de Matignon peuvent disposer d'avantages jusqu'à la fin de leur vie. Un décret, jamais paru au Journal officiel, mais dont l'existence a été révélée grâce à une question posée au gouvernement par René Dosière en 2012, prévoit ainsi que les anciens Premiers ministres peuvent demander un agent pour leur secrétariat particulier, un véhicule de fonction et un conducteur "qui est également souvent l'agent de sécurité", note Matthieu Caron.
En fonction des risques qu'ils encourent, certains anciens ministres peuvent également bénéficier d'une protection policière. Cible de menaces pour avoir notamment porté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels, l'ex-ministre de la Justice Christiane Taubira a continué à être accompagnée de policiers chargés de sa sécurité après avoir quitté la place Vendôme, notait ainsi Le Lab en 2016. La décision d'affecter ou non des fonctionnaires de police à la protection des anciens ministres revient au ministère de l'Intérieur.

Les anciens parlementaires

Combien touchent-ils ? Attention, sujet complexe. A l'issue de son mandat, un député n'a pas accès à Pôle emploi, indique le site de l'Assemblée nationale. Il pourra toutefois toucher une allocation dont le fonctionnement est aligné depuis le 1er janvier 2018 sur celui de l'assurance chômage : le montant de l'indemnité représente 57% de l'indemnité parlementaire de base. Le revenu mensuel de base d'un député élu étant de 5 623,23 euros bruts, ce "chômage des anciens députés" s'élève ainsi à 3 205 euros bruts. Selon l'âge de l'ancien élu, il pourra toucher cette somme durant 24 ou 36 mois maximum.
Du côté de la chambre haute du parlement, la situation est plus floue. Les sénateurs non-réélus peuvent recevoir pendant trois ans maximum une allocation d'aide au retour à l'emploi mensuelle et dégressive. Selon le site internet du Sénat, l'indemnité est "égale à la différence entre le plafond de référence, qui décroît à chaque trimestre, et le revenu brut mensuel de l'ancien sénateur"Contacté par franceinfo, le Sénat n'a pas apporté d'explications sur la notion de "plafond de référence".
Côté retraite, la situation diffère également entre l'Assemblée et le Sénat. Les députés, qui pouvaient jusqu'à la fin de l'année 2017 bénéficier d'un régime spécial, ont vu leur situation être alignée sur celle de la fonction publique depuis le 1er janvier 2018. "Concrètement, cela signifie qu'un député élu pour la première fois en 2017 et qui partirait à la retraite à l'issue de son mandat aura suffisamment cotisé pour toucher une pension d'environ 700 euros par mois", explique René Dosière à franceinfo.
Les Sénateurs n'ont pas fait les mêmes efforts que les députés, et bénéficient d'une confortable pension, révélait Le Parisien en mars 2018. Selon les chiffres moyens communiqués par le site internet du Sénat, la pension mensuelle nette d'un sénateur s'établit à environ 3 856 euros, contre 2 675 euros pour un député, avant la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2018.
Ont-ils des avantages en nature ? De moins en moins, mais certains persistent. Jusqu'à présent, les anciens parlementaires pouvaient bénéficier d'avantages lorsqu'ils prenaient le train ou l'avion. Ceux qui avaient siégé plus de 18 ans avaient même droit à la gratuité à vie sur le réseau ferré. Cet avantage a pris fin le 1er octobre 2017, ce qui n'a pas manqué d'estomaquer l'ancien ministre de François Mitterrand et député Louis Mexandeau, surpris d'avoir été verbalisé à bord d'un train reliant Paris à Caen. L'économie réalisée par la suppression immédiate de ces avantages est estimée à 800 000 euros par an, écrit le site de l'Assemblée.
Lorsqu'un ancien député mourait, le conjoint pouvait toucher jusqu'à 18 255 euros selon les situations. Cette somme a été réduite aux frais réels et plafonnée à 2 350 euros, en mars 2018. Selon les questeurs de l'Assemblée, si cette règle avait été appliquée en 2017, une économie de 382 000 euros aurait été réalisée. Dans ce domaine, les sénateurs disposent aussi de privilèges plus importants. Selon Le Parisien, une "allocation funéraire" pouvant atteindre l'équivalent de six mois d'indemnités (soit 36 000 euros) est versée à la famille des ex-sénateurs décédés.
Dernier avantage, plus anecdotique : le statut de député honoraire, accordé par l'Assemblée nationale aux élus ayant effectué au moins trois mandats. Cette distinction purement protocolaire permet aux anciens députés de pouvoir continuer à accéder à l'Assemblée nationale, pour y bénéficier d'un bureau d'appoint où déjeuner à la buvette des députés (où le demi de bière n'était en 2013 facturé que 80 centimes d'euro).

dimanche 20 janvier 2019

Les organisations ou ligues antiparlementaires dans les années trente


Les organisations ou ligues antiparlementaires, en sommeil depuis 1926, relèvent la tête. un mot d’ordre, celui d’une révision de la Constitution, sous forme impersonnelle. « Un pareil régime ne peut pas durer »  Le régime en question n’est pas nommé mais simplement désigné par ses actes : massacres des ministères, impuissance face à la crise et aux tensions européennes. 
Le Français est ensuite invité à agir en « exigeant la réforme de la Constitution ». Une réforme qui passe par l’obtention du droit de dissolution et de référendum, soit deux mesures susceptibles de modifier radicalement l’équilibre des pouvoirs pour le meilleur profit de l’exécutif. Les lois constitutionnelles de 1875 accordaient à l’exécutif, et notamment au président de la République, un authentique pouvoir. 
Le mode de scrutin proportionnel, qui induit un émiettement de la représentation, favorise l’instabilité gouvernementale, et l’impuissance de l’exécutif qui s’ensuit, révèlent l’inadaptation des institutions devant les nouveaux défis auxquels est confrontée la France.

A ces difficultés intérieures s’ajoute une crise internationale : l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne et la radicalisation du fascisme italien servent de contre-modèle face à une démocratie parlementaire discréditée aux yeux de beaucoup. C’est dans ce contexte que la France des années trente a vu la naissance de ligues et de petits partis qu’on englobe souvent soit dans la catégorie « fasciste » soit dans l’« extrême droite »

Parti populaire français (PPF), œuvre de Joseph Doriot. Exclu du Parti communiste en 1934. Le PPF fascine des intellectuels, d’esprit plus ou moins fasciste, comme Ramon Fernandez, Alfred Fabre-Luce, Bertrand de Jouvenel et Pierre Drieu La Rochelle, le seul à se déclarer explicitement fasciste, qualificatif jamais assumé par Doriot avant la guerre. Malgré son culte du chef, l’appel aux morts, son goût pour le cérémonial, le PPF reste quant à lui un mouvement pacifiste, ce qui le distingue du fascisme italien, agressif et belliqueux. Le seul mouvement de masse d’extrême droite en France durant l’entre-deux-guerres est celui des Croix-de-Feu, dont le chef, La Rocque, ne s’est jamais affranchi de la légalité républicaine. Solidarité française (SF) Bucard son fondateur,  est reçu à Rome par Mussolini, son modèle. « L’Union des Fascismes fera la paix du monde». Les Croix-de-Feu, Fondée en 1927 par Maurice Hanot, dit d’Hartoy. 1929, le lieutenant-colonel de La Rocque adhère au mouvement pour en prendre la tête en 1931 Pour le Front populaire en formation, la Ligue de La Rocque représente le fascisme français par excellence.  La Rocque prêche le rétablissement de la moralité, l’entraide nationale, tout en flétrissant le parlementarisme et le collectivisme.
 A travers les ligues, ressurgit la tentative d'abattre une démocratie parlementaire jugée responsable du déclin français.

Michel WINOCK, « Les ligues des années Trente »

"Gilets jaunes" : une sale odeur antiparlementaire sur l'Acte XIII
Les manifestants ont ciblé ce samedi l'Assemblée et le Sénat. Un choix qui rompt avec une tradition républicaine et ne peut qu'enchanter l'extrême-droite. Nourri par la droite contre-révolutionnaire, l’antiparlementarisme est une maladie héritée de la IIIe république.La crise des gilets jaunes s'est accompagnée du meilleur (la fraternisation des ronds-points) et le pire (les violences), ou, pour reprendre la langue de Christiane Taubira, "le sublime et l’abject". Ce weekend, c’est le second qui l’a emporté, avec un fumet antiparlementaire prononcé. Ce samedi, les gilets jaunes ont décidé d’aller manifester -sans autorisation- devant les palissades du Palais Bourbon, certains cherchant à les abattre. Un choix contraire à la tradition républicaine ancrée depuis le 6 février 1934, lorsque les ligues d’extrême droite avaient tenté de forcer les barrages du pont de la Concorde pour entrer dans le temple de "la Gueuse".
Même si les parallèles historiques sont toujours hasardeux, le choix de manifester devant le Palais Bourbon, puis de chercher à rejoindre le palais du Luxembourg (Sénat) n’est pas innocent. Il s’agit de marquer une défiance frontale envers les institutions de la démocratie représentative. Dans le même esprit, le référendum d’initiative populaire n’est pas conçu comme un complément utile à celle-ci mais comme un outil de défiance vis-à-vis des élus : il doit servir soit à les révoquer, soit à les court-circuiter. Les militants d’extrême droite, qui se sont greffés dans les manifestations parisiennes, sont dans leur élément : ils poursuivent, eux, la lignée du boulangisme ("Tous vont décamper"), des ligues factieuses ("A bas les voleurs !") et du poujadisme ("Sortez les sortants") ; et le fait que leurs idées soient sous-représentées au Parlement ne peut qu’accroître leur colère contre ce dernier. Mais ils sont minoritaires dans les cortèges jaunes : ce qui est plus troublant, c’est que leur antiparlementarisme soit désormais partagé par tous les autres manifestants, moins politisés jusque là. ...

L'Obs