jeudi 18 avril 2019

Idée reçue : la déductibilité des dons grève le budget de l’État

Laissez les gens donner aux causes qui leur sont chères et arrêtez de donner un blanc-seing à des élus qui gaspillent l’impôt.

L’incendie ayant détruit partiellement Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier fut un drame ; un de ces drames qui permet néanmoins de souder les Français et de leur rappeler la grandeur des monuments construits par leurs ancêtres.
Devant les besoins de financement à venir en vue de la reconstruction, plusieurs grandes familles françaises ont décidé de réaliser des dons significatifs : 100 millions d’euros pour la famille Pinault, 200 millions pour la famille Arnault… Il n’en fallait pas plus pour que certains s’emportent devant ce qu’ils considèrent comme un manque à gagner pour l’État.
Ces derniers s’appuient sur le raisonnement suivant : les dons sont déductibles donc ces sommes importantes viennent réduire la base d’impôt payé et donc le budget de l’État. En cette triste période, nous aurions pu nous éviter cette polémique fondée sur une logique fallacieuse et erronée.
L’État offre la possibilité de déduire de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur la fortune immobilière une partie des dons versés à des associations.
Premièrement, pour que la théorie énoncée par nos contradicteurs en préambule soit valide, il faut que les donateurs fassent la demande de cette déductibilité. Or nous avons appris mercredi que la famille Pinault avait fait le choix de ne pas solliciter la déductibilité de ses dons pour la reconstruction de Notre-Dame.
Deuxièmement, ces dons sont évidemment plafonnés : 0,5 % de son chiffre d’affaires pour une entreprise et 20 % de son impôt sur le revenu pour un particulier. Il y a fort à parier que ces plafonds seront atteints compte tenu des montants évoqués et des autres activités philanthropiques de ces familles.
Troisièmement, l’État aurait de toute façon dû assurer la reconstruction du bâtiment. Étant son propre assureur, il aurait dû compter intégralement sur son budget pour financer la reconstruction de l’édifice. Tout don, même s’il était déductible à 100 % vient donc subventionner de fait la reconstruction à hauteur minimale de 34 %. Cela dégage autant de ressources à l’État pour assurer ses autres missions.
La défiscalisation des dons n’est ainsi qu’une manière d’orienter l’impôt vers les causes qui tiennent à cœur aux Français. En lieu et place que l’État prélève une somme S égale à Impôt versé + Impôt déductible et l’affecte ensuite, l’Impôt déductible est directement versé au bénéficiaire. Nous évitons donc les frictions administratives et orientons l’argent vers ce qui nous importe.
Nous pourrions en effet remettre en cause cette niche fiscale : elle crée de mauvaises incitations, comme toute incitation fiscale, et il vaudrait bien mieux la supprimer et réduire l’impôt du même montant. Cependant, comme nous venons de le constater dans le cas de Notre-Dame de Paris, utiliser cet argument n’a juste aucun sens.
Non, la déductibilité des dons ne grève pas le budget de l’État, la reconstruction de Notre-Dame est un imprévu qu’il devra payer et qui vient en revanche grever son budget. Remercions les personnes qui subventionnent cette dépense imprévue.
En réalité toute cette affaire n’est encore une fois "qu’une affaire de jalousie bien française." « Qu’ils paient leurs impôts, on ne veut pas de leur générosité » : s’il y a fraude fiscale, apportez les preuves et qu’ils soient condamnés, s’il y a optimisation fiscale, c’est légal et que l’État améliore le cadre de l’impôt. Qu’on arrête de nous faire croire que les gens ont envie de payer davantage d’impôt que ce qu’ils doivent. Finalement, les personnes qui s’en prennent aux familles Pinault et Arnault aimeraient que cet argent leur revienne, à elles. Mettez-le dans ce grand pot commun qu’est le budget de l’État car je veux décider de sa répartition, plutôt dans le sens qui me convient d’ailleurs. Tels des rapaces, elles détestent que cet argent leur échappe. Sous couvert de moralise, ce sont elles dont la générosité fait défaut. Il est toujours plus facile d’éructer sur Twitter ou dans la presse que de faire un don qui encore une fois représente, comme vous l’aurez compris, au minimum du minimum une valeur faciale de 34 % du montant versé.                 Et quand ces critiques proviennent d’organisations comme Attac qui ne vivent que grâce à la déductibilité des dons, je dois avouer que cela ne manque vraiment pas de saveur.
Dénuer le sens d’un don au travers de critiques comme celles auxquelles nous avons eu droit depuis mardi est affligeant. Se permettre de juger de l’utilisation que font les individus de leur argent lorsque l’on voit la façon dont l’État gère son budget frôle l’indécence.
Laissez chacun donner aux causes qui lui sont chères et arrêtez de donner un blanc-seing à des élus qui gaspillent l’impôt. Je vous assure que le patrimoine et les Français s’en porteront mieux.
Eddie Willers

mercredi 20 mars 2019

Si une foule haineuse se prend pour le peuple, c'est le début de la tyrannie.

"Quand une foule haineuse se prend pour le peuple, c'est le début de la tyrannie. C'est la démocratie même qui est attaquée. Non, cette foule-là n'est pas le peuple. Elle en est l'adversaire, n'inversons pas les rôles. Ce ne sont pas les lois et les principes républicains qui sont violents mais ceux qui les contestent de samedi en samedi, dans une spirale de violence sans issue. Il est temps que la République se retourne pour de bon contre ses ennemis, qu'elle n'ait pas peur de les nommer et qu'elle les mette hors d'état de nuire" - Editorial Les Echos.Le vandalisme est une infraction pénale qui consiste à détruire, à dégrader ou détériorer le bien d’autrui, avec la volonté de nuire à autrui et de manière gratuite (« pour le plaisir »). Le vandalisme concerne aussi bien les biens publics (appartenant aux administrations par exemple) que les biens privés.
La détérioration ou l’incendie d’un véhicule, les graffitis et les tags non autorisés, la détérioration d’établissements publics, le bris de vitrines de magasin constituent des exemples parmi d’autres de vandalisme.
Le Code pénal dispose, dans son article 322-1 
« La destruction, la dégradation ou la détérioration d'un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende, sauf s'il n'en est résulté qu'un dommage léger ».
Ces peines sont applicables uniquement si l’acte de vandalisme a entraîné des dégâts importants. Si les dommages sont légers, l’acte de vandalisme est puni de 1 500 euros d’amende et d’un travail d’intérêt général.
Article 322-1 - Si les dommages sont légers et qu’il s’agit d’un tags, l’acte est puni d’un travail d’intérêt général et d’une amende de 3 750 euros.
Il existe de très nombreuses circonstances aggravantes qui viennent alourdir les sanctions pénales. 
Article 322-3 - Par exemple, le fait que l’acte de vandalisme ait été commis :
A plusieurs.
Dans le but d’intimider un témoin ou la victime d’une infraction.
Par une personne dissimulant son visage.
Dans un local d’habitation ou dans un entrepôt pénétré par effraction.
Contre un conjoint ou un membre de sa famille.
Contre un policier, un gendarme ou un policier.
Contre un bien public.
Contre un bien d’une valeur patrimoniale.
La tentative de vandalisme est punie de la même manière que l’acte de vandalisme.
Si l’acte de vandalisme a été provoqué par une explosion ou par un incendie mettant en danger l’intégrité physique d’autrui, la sanction est de 10 ans de prison assortis d’une amende de 150 000 euros d’amende.
Si l’acte de vandalisme a entraîné le décès de la victime, l’auteur de l’infraction encourt la réclusion à perpétuité.
Destruction et détérioration involontaire : que risque son auteur ?
La destruction ou la détérioration du bien d’autrui de manière involontaire est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, mais uniquement si la détérioration ou la détérioration s’est produite suite à un incendie ou à une explosion due à une négligence ou à un manquement.
Des circonstances aggravantes peuvent alourdir les sanctions. Par exemple si l’incendie ou l’explosion a provoqué des blessures graves ou des décès.
Article 321-1 - Le recel est le fait de dissimuler, de détenir ou de transmettre une chose, ou de faire office d'intermédiaire afin de la transmettre, en sachant que cette chose provient d'un crime ou d'un délit.
Constitue également un recel le fait, en connaissance de cause, de bénéficier, par tout moyen, du produit d'un crime ou d'un délit.
Le recel est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende.

samedi 9 mars 2019

« Le mouvement des gilets jaunes n'ira pas plus loin » Raphaël Enthoven "les echos"

Le mouvement des « gilets jaunes » a commencé mi-novembre. Presque quatre mois après, qu'en reste-t-il ?

 On pourrait dire aussi que les « gilets jaunes » sont apparus à Athènes, au VIe siècle avant notre ère, quand s'est ouvert un abîme entre les possédants et le petit peuple surendetté. Ou qu'on les retrouve à Rome, un siècle plus tard, quand l'oligarchie se vit opposer un refus plébéien de s'engager dans l'armée. En fait, les « gilets jaunes » sont aussi anciens que la démocratie elle-même, dont ils contestent les institutions chaque fois qu'elle échoue à garantir les libertés matérielles. Rien de nouveau dans les cérémonies saturnales auxquelles nous assistons depuis novembre. Que reste-t-il d'une colère qui n'a jamais réussi à condenser en propositions précises ? Pour le meilleur : l'irremplaçable sentiment d'une fraternité retrouvée, l'expérience précieuse d'une solidarité concrète et le retour sur le devant de la scène de l'éthique de conviction, et (tout de même) dix milliards d'euros de concessions... Mais pour le pire, l'amertume d'un mouvement qui n'a jamais fait l'effort de passer du rejet au projet, le gâchis d'avoir refusé toute députation (qui les prive d'une liste aux européennes) et la désolation d'avoir basculé dans la violence ad hominem. Le mouvement peut continuer indéfiniment (c'est agréable de se retrouver chaque samedi) mais, à mon avis, il n'ira pas plus loin.

 

De quels symptômes a-t-il été l'expression ?

Ou de quelles pathologies a-t-il été le symptôme ? Elles sont nombreuses. Le sentiment que ce qui manque a été dérobé par ceux qui ont davantage ; le sentiment que la faiblesse est une vertu, et la force une méchanceté ; l'illusion que l'égalité des droits est une égalité des compétences (et « qu'on va leur apprendre à gouverner, à tous ces incapables ! ») ; la confusion de ce qu'on souhaite et de ce qu'on croit (l'attentat de Strasbourg est une manoeuvre, puisque ça m'arrange de le penser) ; le sentiment que la colère est tellement légitime qu'elle est dispensée d'avoir un contenu précis (le dessinateur Xavier Gorce résume la chose en une phrase : « Nous exigeons ! Mais n'essayez pas de nous piéger en nous demandant quoi ») ; le désir de penser qu'on vit en dictature pour justifier le fait, en retour, de s'en prendre à des symboles de l'Etat ; la faiblesse, en somme, d'un mouvement qui s'est complu dans le refus et s'est privé de moyens d'action concrets (c'est-à-dire de porte-parole) au moment où il avait l'oreille des Français. Tant pis.


La société française a-t-elle vécu - hors élections - ce que d'autres pays, le Royaume-Uni, l'Italie, les Etats-Unis vivent à l'occasion de rendez-vous électoraux ? Bref, est-ce notre système institutionnel qui est incapable de « réguler » les mécontentements ?

La violence des 'gilets jaunes' tient au désir de fabriquer un ennemi, plus qu'à l'envie de l'abattre.

Ce ne sont pas les institutions qui sont en cause, mais les partis politiques. Aucun d'eux n'était en mesure d'incarner le mouvement. Ni les insoumis qui, en jetant de l'huile sur le feu, ont vendu leur âme pour une bouchée de pain. Ni l'UPR, dont l'entrisme culmine en quelques lignes europhobes dans des faux tracts « officiels ». Ni DLF malgré les surenchères complotistes de Dupont-Aignan. Ni le Rassemblement national, dont la cheffe démonétisée n'arrive pas à applaudir ni à désavouer des agressions de gendarmes. Aussi le mouvement n'a-t-il jamais réussi à se donner une colonne vertébrale. Il n'y a pas d'opposition en France, susceptible de canaliser le mécontentement. Juste des groupuscules, des parasites et des récupérateurs qui font la danse du ventre en « gilet jaune ». La France n'est pas un pays dépolitisé, dont les citoyens apathiques se contenteraient d'aller dans l'isoloir une fois tous les cinq ans. Mais un pays hyperpolitisé, dont les vigilants citoyens se méfient des gens qu'ils ont élus. Or, quand personne ne capte cette méfiance pour la mettre en discours, elle culmine dans la haine et la violence.


Quel est votre avis de philosophe sur la part de l'économique (pouvoir d'achat ou autre) et de la revendication sociétale (isolement, mépris de classe etc.) dans l'avènement de ce mouvement ?

Quand on galère, il est normal qu'on s'accroche à la solidarité comme à l'objet de son amour, et au gouvernement comme à l'objet de sa haine. Mais les gens qui se contentent d'expliquer ce mouvement par la détresse ou la misère peinent à expliquer la disparité des « gilets jaunes ».
Et pour cause : il y a bien autre chose dans cette révolte, qui tient davantage à la représentation, qu'à la justice. L'enjeu n'est pas simplement d'améliorer les conditions de vie en se donnant le gouvernement pour bouc émissaire, mais d'accéder à la visibilité. De ce point de vue, l'objet gilet jaune est un coup de génie, puisqu'il rend spectaculaire l'anonymat lui-même ! Il transforme en fierté l'absence de grade. Et il donne à la décision de porter un gilet jaune (dont tout le monde dispose) la force d'une conversion.
 La violence verbale ou physique vous a-t-elle étonné dans ce mouvement ou à ses marges ?
 
Non. La violence des casseurs n'est pas une transgression, mais une façon d'obéir à ce que Romain Gary appelle, dans « Chien blanc », une « société de provocation » - c'est-à-dire une société d'abondance qui pousse indéfiniment à la consommation tout en privant une grande partie de sa population des moyens d'assouvir les appétits qu'elle suscite... Quant à  la violence des « gilets jaunes » eux-mêmes (les guillotines, les potences, les « Brigitte, à poil ! » etc.), elle tient au désir de fabriquer un ennemi, plus qu'à l'envie de l'abattre. L'enjeu n'est pas de tuer le président ni de violer son épouse. Mais de se représenter le président en souverain déchu que la guillotine menace. La violence ne sert qu'à accréditer - en la nourrissant de son vacarme et de ses images - la thèse absurde d'un monarque Macron bientôt étêté par des sans-culottes. La violence des « gilets jaunes » est uniquement là pour donner corps au fantasme d'un Etat tyrannique. Or, c'est ainsi que naissent les tyrannies : par le sentiment de gagner en liberté quand on dénonce les lois qui la préservent.

Notre Ve République (et peut-être chacun de nous) hésite entre le « vertical » et la demande d'« horizontal »... Quel est le bon niveau d'administration à l'heure des réseaux sociaux ?

Le problème est plus temporel que spatial. La question de savoir où doit se trouver le gouvernement vient après la question de savoir à quel rythme les décisions sont prises. En somme, c'est une banalité : le temps politique est hanté par l'immédiat. Ce qui a pour conséquence de soumettre la décision du souverain à l'humeur de son peuple (Chirac était le champion de cette pantinisation de lui-même, qui calait la « décristallisation » des pensions des anciens combattants coloniaux sur le jour de la sortie du film « Indigènes »)... Comment gouverner à ce rythme-là ? Comment voir plus loin que le bout de son nez quand l'oeil est attiré par tout ce qui brille ?  Le RIC [référendum d'initiative citoyenne, NDLR] est à la pointe de cette involution démocratique, qui soumet le gouvernant au temps publicitaire de la popularité, et le prive ainsi de toute possibilité d'action dans le temps. Au temps perdu des réseaux sociaux et de la quête de popularité, la politique exige, à l'inverse, d'opposer le temps retrouvé, c'est-à-dire le temps long. La verticalité viendra ensuite. D'elle-même.


Emmanuel Macron a réagi avec le grand débat... Demande-t-on à un chef de débattre ou de décider ?

Le combat loyal du président en bras de chemise, face à des maires courtois mais sans merci, donne une belle image de la politique.
Débattre était une décision. Et une façon de répondre à l'accusation de n'être pas entendu. Quand les gens se sentent méprisés, quand ils ont le sentiment d'être regardés d'en haut comme des bêtes curieuses, la moindre des choses est de descendre dans l'arène. Un président qui se retrousse les manches pour affronter des questions difficiles, tout en demandant aux Français leur sentiment sur les alternatives qui se posent à lui  ne donne pas de la politique une mauvaise image. Et puis il est trompeur (à mon avis) de croire qu'on débat avant de décider. Dans la vie comme en politique, on décide, et ensuite seulement on délibère... D'ailleurs, les gens ne veulent pas d'un président qui change d'avis. Mais d'un président qui ne redoute pas de les affronter.

Comment un pays peut-il passer de ce qui a paru être de l'optimisme en 2017 à la dépression en 2019 ? Quels ressorts mentaux sont à l'oeuvre ?

Les gens qui se réjouissaient de la victoire d'Emmanuel Macron et ceux qui voudraient voir sa tête en haut d'une pique aujourd'hui ne sont pas les mêmes ! Et l'on peut difficilement parler du pays entier, à chaque fois. En revanche, les deux phénomènes (l'émergence d'En marche et le mouvement des « gilets jaunes ») ont en commun d'avoir ubérisé les structures habituelles de la représentation. Aucun des outils datant de l'époque où le pouvoir se partageait en droite et gauche et Internet n'était qu'un épiphénomène ne permet de penser adéquatement la façon dont ces mouvements sont apparus. La mise en réseau d'un enthousiasme lui donne une force qu'aucun parti traditionnel ni aucun organe de presse n'a jamais eu. C'est à ces apparitions fulgurantes qu'il faut être attentif à mon sens, et non aux motifs qu'elles se donnent, et qui varient selon les modes.

Les dirigeants sont-ils condamnés à l'impuissance dans un monde qui se moque des frontières ?

Pas plus qu'auparavant. Comme dit Machiavel, à la fin du « Prince » : « Ne pouvant admettre que notre libre arbitre soit réduit à rien, j'imagine qu'il peut être vrai que la fortune dispose de la moitié de nos actions, mais qu'elle en laisse à peu près l'autre moitié en notre pouvoir. » En d'autres termes, les dirigeants ne sont pas responsables des malheurs et des infortunes causées par le village global, mais ils sont responsables de ce qu'ils en font. L'impuissance n'est pas l'incapacité d'inverser le cours des choses (qui peut cela ?), mais de baisser les bras. Aucun dirigeant ne peut tout. Mais aucun n'a le droit de renoncer à tout entreprendre. En cela, l'impuissance est d'abord un choix.



 

mardi 12 février 2019

la violence des Gilets jaunes est une marque du populisme.

Jacques Le Goff, professeur émérité des universités, voit derrière la violence des Gilets jaunes qui monte depuis le 17 novembre, 
une marque du populisme.

On commence par s’en prendre aux biens, moindre dommage, et l’on finit par cibler des personnes. C’est dans la logique même d’une violence qui s’auto-alimente et s’amplifie à mesure que diminue le nombre de ses acteurs. L’agression contre le domicile de Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, en est la triste illustration autant que l’affrontement violent à Lyon entre les Gilets jaunes des extrêmes, confirmant l’infiltration du mouvement par des éléments radicaux. C’est l’État de droit démocratique qui, dans les deux cas, se trouve foulé aux pieds.
Les Gilets jaunes ont beau jeu de s’en dédouaner en objectant : 
-1. Qu’il s’agit d’actes isolés de black blocks, parasites réputés incontrôlables ; 
-2. Que cette violence ne serait que juste riposte à celle du système économico-politico-policier.
Mais comment ne pas voir que cette violence est surtout le produit d’une idéologie populiste, qui l’engendre spontanément par sa dynamique intime, partant de l’exaltation du « peuple » proclamé sain et pur, pour aboutir à la diabolisation de l’autre partie de la société tenue pour faction à combattre et à abattre. Une représentation binaire de la réalité qui conduit logiquement à la dénonciation des « ennemis du peuple » et à la diffusion du poison de la défiance sur laquelle bourgeonnent les discours complotistes.
Comme insiste Pierre Rosanvallon "après le totalitarisme, le populisme constitue l’une des grandes pathologies de la démocratie. Il résulte, à son sens, d’une triple simplification".

Vérité sans partage

- D’abord, celle d’un peuple présenté comme un sujet évident opposé aux élites sur le mode du clivage entre « ceux d’en haut », les « gros » et « ceux d’en bas », les « petits », de loin les plus nombreux unis en un bloc homogène. Comme si toutes les différences internes et les clivages s’abolissaient miraculeusement au profit d’un ensemble fusionnel.                Le « Peuple » devient alors l’objet d’une mystique quasi religieuse attestée par la majuscule.                                                                                                                                   - Ensuite, celle d’une représentation du peuple par définition corrompue et corruptrice, faute de la vertu et du dévouement requis. Et ce peuple trahi qui n’a d’autre choix pour se défendre que de réclamer la généralisation du référendum, est d’autant plus admirable que la classe politique est vile et misérable. À l’exception, bien entendu, de ses « tribuns » qui l’incarnent sans ombres sur un mode quasi sacral.                                                                  - Enfin, l’identité de la société se définit non de manière positive par un certain nombre de valeurs plus ou moins partagées par tous, par-delà leurs différences, mais négativement par opposition à ce qui n’est pas soi, qu’il s’agisse des élites, de l’oligarchie, des immigrés ou de l’islam.
Et puisque ce « Peuple » est réputé porteur d’une vérité sans partage, il faut en conséquence lui reconnaître tous les droits, y compris de se faire justice par la violence.     « La violence aux mains du peuple n’est pas la violence mais la justice. »                    Il est remarquable que ce mot soit de… Eva Peron, l’épouse du président argentin Juan Peron (1946-1955), emblème du populisme dans l’une de ses versions les plus pures.      La violence peut être un signal. Elle ne doit pas devenir un langage ordinaire. Le propre de la démocratie est justement de la convertir par tous les moyens par la discussion et la négociation en positivité durable. Ce qui suppose un peu de temps et de se souvenir que   « la fin est dans les moyens comme l’arbre dans la semence » (Gandhi).

mardi 5 février 2019

Ce livre « GiletsJaunes l'imposture »

Vient de sortir un livre sur le mouvement des gilets jaunes : Gilets jaune l’imposture. L’auteur se veut le porte parole de ceux à qui les média n’ont justement jamais donné la parole. Il a constaté par exemple qu’en mille occurrences d’articles du journal Le Monde, pas une seule fois un citoyen lambda, pas un milliardaire, ni un gros bourgeois, juste un modeste, n’a eu droit à une ligne. Ce fut pareil dans les chaînes en continu.
Les chiffres sont têtus et sans l’invraisemblance complaisance et l’étourdissante masse d’information concernant les gilets jaunes leur poids politique aurait dû être au niveau de leur poids numérique c’est-à-dire médiocre. Les sondages de soutien ne disent rien en démocratie. Soit ce sont les urnes soit c’est un nombre suffisamment important dans la rue pour l’être (au minimum un million de personnes, si ce n’est 2). Lorsque les sondages donnent un pourcentage de soutien, cela ne donne aucune légitimité car ce soutien n’est pas transposable dans l’élection qui est le seul baromètre démocratique et ce baromètre dit, avec aussi des sondages, qu’en cas d’élection, là où ce n’est plus la même, là où il y a le choix et la concurrence, ces fameux gilets jaunes naviguent autour des 10 % là où tombent les Insoumis.
Des comparatifs sont nombreux dans le livre. Voici quelques chiffres qui laissent pantois quant à l’imposture de l’importance de ces gilets jaunes à commencer par la plus grande manifestation qui n’a rassemblé que 0,6 % des électeurs. 
Le samedi 11 janvier il y avait 84 000 gilets jaunes, manifestations dont une partie était illégale, dans toute la France, chiffres présentés comme un accroissement significatif et donc comme une grande mobilisation. Doit on rappeler que c’est moins d’un tiers que la première manifestation que c’est la moitié de la deuxième, les deux étant déjà d’un score faible ? Pouvons-nous faire de simple comparaisons ?
- Bourges, le 11 janvier 2019, 5 000 manifestants alors que l’agglomération compte 97 000 habitants, sachant que l’appel hyper-médiatisé de cette manifestation couvrait toute la France, puis que ce devait être le centre de la France, rappelons que selon les sondages il y avait 70 % de soutien au début (55 % score lorsque ce livre a été écrit), 15 % de certains d’aller à une manifestation, donc 5 % des habitants de l’agglomération qu’est-ce que cela vous inspire ? Allons plus loin. Le Printemps de Bourges réunit 80 000 spectateurs soit 16 fois cette manifestation et encore il faut payer et ce n’est un attrait que pour les amateurs de musique classique, donc une frange faible de la population.
- Paris, le 11 janvier 2019, 8 000 manifestants. Rappelons que le stade de France peut contenir 80 698 places assises ce qui veut dire que les gilets jaunes n’auraient rempli que 10 % du stade de France (10 % !), que cela représente seulement 0,1 % de l’agglomération parisienne (0,1 % !), qu’il aurait juste fallu se tasser un peu pour que tous les gilets jaunes de France de ce samedi pour qu’ils y rentrent, que Johnny Halliday a rempli ce stade de France avec 210 000 spectateurs en 1998 (oui, petit mot pour les complotistes, c’est plus que les places assises, on est aussi debout sur la pelouse) soit 22 fois ce qu’ont fait les gilets jaunes, que ce même Johnny a rempli le Champ de mars entre 700 000 et 1 million de spectateurs pour le 14 juillet 2009 soit 90 fois au moins la mobilisation des gilets jaunes.
- Dans toute la France 84 000 manifestants le samedi 11 janvier 2019 c’est 12 % de ce qu’a fait Johnny au champ de mars et moins de la moitié de son concert au Stade de France, 12 % de la première manifestation pour Charlie Hebdo suite aux attentats et 2 % du week end d’hommage aux victimes (4 millions), ajoutons que ce week end a réuni quatre fois ce qu’ont fait les gilets jaunes en 9 manifestations, alors que ce week end a été organisée dans un temps extrêmement court. Rappelons que la manifestation de la manif pour tous qui a été considérée par la majorité des élus comme non représentatif alors qu’elle a réuni peut-être deux ou trois fois ce qu’a réunira première manifestation des gilets jaunes.
- Rappelons enfin ces chiffres qui devraient enfin mettre les yeux en face des trous des commentateurs. En 1984 il y a eu une manifestation le 24 juin à Paris de 850 000 personnes (2 millions selon les organisateurs) c’est-à-dire 100 fois ce qu’ont représenté les gilets jaunes à Paris et 10 fois dans toute la France. Il s’agissait de manifester contre la loi Savary et cette manifestation n’avait certainement pas 70 % de soutien dans la population. Où est donc l’erreur, d’un côté une manifestation uniquement à Paris qui fait 100 fois celle des gilets jaunes dans la même ville, qui fait plus de 3 fois celle du premier jour dans toute la France, et l’on voudrait que les gilets jaunes soient le peuple ? Mais les chiffres sont encore plus terribles si l’on regarde les manifestations qui ont précédé celle du 24 juin :
À Bordeaux, le 22 janvier 1984, environ 60 000 manifestants se sont rassemblés, alors que la décision de manifester n'avait été prise que deux semaines auparavant. Gilets jaunes 4 à 6 000 (7 à 10 %). Une seule ville fait plus que chacune des manifestations 7 et 8 de toute la France.
À Lyon, le 29 janvier, entre 100 à 150 000 manifestants se sont rassemblés. Gilets jaunes 400 le premier jour, quelques milliers les autres fois soit entre 0,4 à environ 1 %. Cela ne vous dit rien ? Une seule ville fait plus que chacune des manifestations 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 de toute la France.
À Rennes entre 200 et 250 000 le 18 février . Gilets jaunes moins de 1 000 soit au plus 0,5 % ! Une seule ville fait plus que chacune des manifestations 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 de toute la France
À Lille entre 250 000 et 300 000 le 25 février. Gilets jaunes 5 000 soit 2 % ! Une seule ville fait plus que chacune des manifestations (1 ?), 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 de toute la France
À Versailles, le 4 mars, plus de 500 000 personnes pour la police (800 000 pour les organisateurs, près de 600 000 pour le quotidien Le Monde). Gilets jaunes quelques centaines à un millier soit au plus 0,2 % ! Une seule ville fait plus que chacune des manifestations 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 de toute la France
Les études sociologiques ont montré que la majorité des gilets jaunes n’est pas de ceux qui souffrent le plus. Le nombre n’est déjà pas en mesure de légitimer ce mouvement, et en plus que lui-même n’est pas représentatif des plus démunis, leurs leaders qui se déchirent sont encore moins représentatifs. Le paradoxe, quoique, c’est que ce mouvement est mené à la baguette (avec menaces de mort par exemple quand six des huit représentants éphémères ne sont pas allés discuter avec le gouvernement justement à cause des menaces de mort) par des complotistes et ou sympathisants de l’extrême droite soutenus publiquement par des politiques de la gauche dure. Mélenchon qui est fasciné par Drouet !
Ce mouvement ne pouvait pas être autre chose qu’intrinsèquement violent pour trois raisons :
- La colère initiale et durable
- Le feu attisé par les leaders politiques et ceux du mouvement
- Le blocage illégal et initial de la libre circulation des personnes. C’est une violence initiatrice que le blocage soit calme (empêcher la libre circulation est bafouer une des liberté fondamentale des démocraties) ou violente comme ce fut très souvent le cas.
Cette violence que la presse aurait découvert le samedi 11 janvier était là depuis le début : les menaces de mort même au sein du mouvement fin novembre, des journalistes déjà agressés, en six semaines ce ne sont pas moins de 50 parlementaires qui ont subi des violences verbales (menaces de mort, de viol), avec des permanences vandalisées, murées, certaines de leur voiture brûlées, des résidences murées ou vandalisées), et Marlène Schiappa qui a été elle aussi menacée de viol, de meurtre, de torture, insultée (la pute à Macron, une bouche à tirer des pipes etc.).                                                                                                                                                  Cette violence est confirmée par Priscillia Ludovky dans un message Facebook du 14 janvier 2019 effacé depuis : « Je suis enfin libre de pouvoir dire que je ne travaille plus avec Eric Drouet depuis des semaines en raison de son comportement et je compte quand tout sera terminé expliquer tout ce qu'il a pu faire pour nuire au mouvement. » Vous noterez qu’elle parle de ne plus travailler avec lui depuis des semaines. Et voilà un complément d’information : « Depuis des semaines (témoignages à l'appui) nous subissons son comportement, nous recevons ses menaces et aujourd'hui je suis personnellement attaquée et ça je ne l'accepte pas […] il n'y a pas de place pour l'intimidation et les menaces, les mensonges et le harcèlement au sein des "gilets jaunes". ». Vous remarquerez plusieurs choses, outre le fait que cette représentante des gilets jaunes fut autrefois banquière (ce que haïssent ces gilets jaunes, la banque), c’est que cela dure depuis longtemps, qu’elle se dit « enfin libre » ce qui veut dire en négatif qu’elle était prisonnière dans ce mouvement, qu’il y a de l’intimidation, des menaces et du harcèlement, mais aussi qu’elle est mignonne Priscilla Pudovsky, car elle ne le dénonce que parce qu’elle est elle-même attaquée. Avant ce n’était pas grave, ce n’était pas utile de le dénoncer.
Le Président de la République a vu sa légitimité mis en doute par ceux qui ne représentent que 0,6 % des inscrits et qui de fait n’ont strictement aucune légitimité, par des élus qui ont eu moins de voix que lui au premier tour (Dupont-Aignant, Mélenchon l’intouchable, et Le Pen poursuivie pour fraude fiscale, détournement de fonds publics, financement électoral illégal) et qui de cet autre fait sont d’évidence encore moins légitimes. Cette remise en cause du Président de la République (c’est la fonction qu’il défend et non l’homme) et des députés élus est bien évidemment une remise en cause de la démocratie française. Il ne s’agit pas là de grands mots ou d’agiter des spectres mais tout simplement de se référer à une légitimité infiniment plus solide que celle des gilets jaunes qui est celle de la Constitution qui détermine les modalités des élections et cette Constitution a été votée par plus de 80 % des votants mais surtout plus de 65 % des inscrits qui fait qu’elle s’oppose frontalement à une infime minorité de 0,6 % des inscrits (soit 1 % seulement des votants qui ont adopté la Constitution) qui ne peut en aucun cas se présenter comme le peuple. Est ceci ne vous dit rien : entre 35 000 et 282 000 personnes dans la rue et 31 123 483 électeurs qui ont voté oui à la Constitution ? Les élus de la république sont légitimes du fait de leur élection selon des règles démocratiques approuvées par le peuple à une majorité écrasante, à savoir le scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour le président et les députés.
Il faut aussi connaître qui sont les leaders et un article du NouvelObs éclaire sur deux d’entre eux le complotiste Fly Rider et Eric Drouet. Ils ont volontairement effacé leur historique de Facebook mais on peut retrouver sur les autres sites leur likes et on découvre alors leur affinité pour l'ex Front National et Marine Le Pen. Ce Drouet fascinant Mélenchon. Un sondage nous dit que 23 % des sympathisants Insoumis verraient bien un rapprochement avec la Marine nationale et 50 % du marins nationaux l'accepteraient volontiers. Drouet qui a déclaré qu’il fallait que cela pète chaque week end et qui a bien rendu cocus tous ses soutiens politiques quand il a avoué avoir tout fait (et évidemment des actes illégaux) pour se faire arrêter. Ils ont eu l’air malin ces soutiens. Il a même usé d’une honteuse et minable manœuvre pour faire croire par son avocat que c’était en fait pour mettre des bougies à la place de la Concorde en l’honneur des blessés et des morts qui il y a eus lors des diverses manifestations. Il a donc osé utiliser la peine et la douleur pour faire son petit coup. Voici pour compléter le tableau des mots doux de Fly Rider celui qui dit que le pacte de Marrakech allait faire entrer en Europe 480 millions de migrants 
« Beaucoup de gens dans ce mouvement sont prêts à perdre la vie pour que notre futur soit meilleur. Des gens préparent un soulèvement national avec des armes. » « Il y a des gens qui se préparent à être beaucoup moins pacifiques, voire plus du tout être pacifiques » « Manu, il y a des gens qui ne lâcheront pas, ils ne veulent plus être pacifistes car ils ont vu que tu as envoyé des flics taper leurs gosses, leurs grands-mères, leurs grands-pères, leurs frères, leurs sœurs… des flics qui ont tué des gens. »                                                                  Non seulement il appelle à prendre les armes mais en plus il tient des propos diffamatoires et insoutenables accusant la police de tuer des gens. Il est incompréhensible qu’il n’ait pas été encore mis en examen pour de telles paroles. Parlons aussi de celui qui veut que l’armée prenne le pouvoir, de celui qui fut candidat aux élections municipales sur une liste nationale, de celle qui parle avec les morts, de celui qui est le représentant de Dupont-Aigan, de celui qui a été obligé de démissionner de l’ex-FN car il était en instance d’exclusion pour propos racistes, (exclu du FN il faut en faire pour l’être), de celui qui a fait la couverture de Paris Match alors qu’il a fait un an de prison pour ses propos antisémites.
Ce mouvement est une imposture dopée par des media qui, le regard humide et énamouré, ont eu une espèce de nostalgie romantique de la Révolution quand les leaders eux voyaient celle de 1793. Ce regard biaisé a fait croire que nous avions dans la rue les damnés de la terre, comme ces enfants de la fin du XIX ère siècle de 12 ans travaillant 10 heures par jour, sept jours sur sept, sans congés, sans retraite, sans sécurité sociale, sans école, avec un brouet pour tout repas. Aujourd’hui qui peut comparer ceux qui font 35 heures par semaine, 5 semaines de congés payés, les jours fériés, la retraite à 62 ans, la sécurité sociale, l’éducation quasi gratuite, le droit au chômage à ces enfants ? Dans les 30 derrières années le pouvoir d’achat a pris 55 %.  Dans les 10 dernières années le pouvoir d’achat n’a pas stagné mais progressé. Ce qui a stagné est dû à un fait de société, à des décisions individuelles. Ce qui a stagné c’est le pouvoir d’achat par unité de consommation, or ces unités ont augmenté plus vite que le pouvoir d’achat car le nombre de séparations de couple ou de dé-cohabitations, donc la constitution de cellules monoparentales ou esseulées, a augmenté. La vie séparée coûte plus chère que la vie en en commun. Ce dont donc des décisions individuelles de séparation (voulues ou contraintes et parfois tragiques) et non une volonté des pouvoirs ni des mécanismes politiques ou économiques volontaires qui en sont la cause.
Ce mouvement aura un coût financier et social très important : 50 000 personnes au chômage technique, de nombreuses petits sociétés de transport au bord de la faillite, de petits commerçants, des produits périssables perdus, des dégâts considérables et du chiffre d’affaire perdu (on peut parler globalement de 1 à 2 milliards), une baisse du PIB, une image considérablement détériorée à l’étranger avec des conséquences désastreuses pour le tourisme (créateur d’emplois et de richesses, une des rares activités que l’on ne peut délocaliser). Quelle finesse d’analyse des leaders des gilets jaunes appelant au blocage et à la violence comme si la casse allait améliorer la situation. Quelle corrélation entre tous ces dégâts extrêmement importants et la résolution des problèmes évoqués ?
Enfin ce mouvement est vidé de son sens dès l’instant où les taxes sur le carburant, et alors que son prix a baissé (dû reste, compte tenu de l’augmentation du pouvoir d’achat et de l’inflation au moment du déclenchement de ce mouvement, il était au plus haut en 2018 - le comble - 10 % moins cher qu’en 2012 ! Et il n’y a pas eu de révolution en 2012 contre ce prix du carburant plus élevé), ne vont pas augmenter, que dix milliards ont été débloqués, que le débat est engagé. C’est maintenant de l’auto-allumage. Manifester pour manifester. Il y aura toujours la possibilité de recommencer après la période de débat. Toutes les manifestations postérieures aux mesures prises et à l’annonce du débat prouvent la mauvaise foi des gilets jaunes.

mardi 29 janvier 2019

« Nous sommes le peuple »… Les manifestants de samedi dernier répètent leurs exigences : briser ou à tout le moins diminuer les limites juridiques que  la Constitution pose face à la démocratie illimitée !
    « Nous sommes aussi le peuple »…Parmi les contre-manifestants  de dimanche, Il y en a bien quelques-uns qui seraient prêts à limiter la liberté de manifester des premiers !Les seconds reprochent aux premiers leur « populisme ». Les premiers reprochent aux seconds leur « libéralisme » : vous nous trompez avec votre défense des formes de la représentation et des lenteurs de l’esprit constitutionnel.
    C’est étrange. Dans « libéralisme », il y a liberté. Dans « populisme », il y a peuple. Et les deux mots sont devenus péjoratifs…
    C’est le signe qu’un écart tragique se creuse entre le libéralisme et la démocratie. 
    La démocratie doit pourtant être libérale : le partage entre les différentes forces qui cherchent le pouvoir passe par l’exercice des libertés.
    Et elle a vite fait de devenir libérale et de revenir au despotisme. Car le despotisme n’est pas le contraire de la démocratie, il peut en être un des avatars. Il n’est pas besoin d’aller en Europe centrale. La France a connu plus d’une fois des pouvoirs qui, élus par les citoyens qui leur abandonnaient leurs libertés, pouvaient  affirmer : «  Je suis le peuple. »  

dimanche 27 janvier 2019

Pour faire une contribution au Grand Débat, voici quelques idées



Modification de l’Article 6 de la constitution : 
Retour à un septennat unique pour les présidents élus au suffrage universel, il ne pourra pas exercer plus d’un mandat consécutif.
Le Conseil constitutionnel est une institution française.  Le mandat des membres nommés est d'une durée de neuf ans et ne peut être renouvelé, ce qui contribue à assurer leur indépendance. Le Conseil constitutionnel est renouvelé par tiers tous les trois ans. Membres nommés par :
-       1 membre nommé par le Président de la République
-       1 membre nommé par les Présidents des chambres parlementaires
-        1 membre nommé par les Présidents des deux principaux groupes parlementaires                                                                                        
Le Conseil constitutionnel constitue aujourd’hui, au sein des institutions de notre République, un rouage essentiel de l’équilibre des pouvoirs il ne confisque nullement le pouvoir du peuple souverain, mais se borne seulement à « censurer une incompétence qui a consisté à vouloir prescrire en la forme législative ce qui n’aurait pu l’être qu’en forme de révision constitutionnelle.

Organisation de l’état :

-        La Chambre des Députés 1 député élu par sous-préfecture (232 sous-préfectures) + 2 pour les français de l’étranger pour une durée de 5 ans. élus au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour une durée de cinq ans. (577 depuis les élections de 1986)
-        Le Sénat, doit regrouper la chambre haute du Parlement français et le Conseil économique, social et environnemental constitué par un sénateur par département (101 départements) + un conseillé  Conseil économique et social par région, élus au suffrage universel indirect, par un collège de « grands électeurs » pour une durée de 7 ans. (348 depuis les élections de 2001)
Election ayant lieu à mi-mandat des présidentielles.

-        Un seul mandat pour un élu national, député, sénateur, conseillé régional ou Maire et deux dans le temps sauf pour des communes de moins de 5000 h.
-        Les prétendants devant signaler avant l’élection le seul mandat qu’ils garderont suite à leur  élection.
-        Les élus ne peuvent être élus que dans la circonscription, ou la commune de leur résidence principale Ne peuvent se présenter comme dans la fonction publique, que s’ils disposent d’un casier judiciaire vierge.

Un régime des retraites indexées sur celui de la fonction 

publique, indemnités assurance chômage du régime salarié,

Sur la base  antérieure à son élection.


Si le RIC est accepté maximum de deux référendums par an 

(1 de niveau national + 1 de niveau local régional).

Le référendum de portée nationale peut être demandé par 
un quorum minimum de 10 % du corps électoral National + 10 représentants des deux chambres.